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Élèves en difficulté : 1000 profs vont être embauchés



Source : Le Journal de Montréal - Québec s'apprête à faire l'embauche massive de pas moins de 1000 profs supplémentaires pour venir en aide aux élèves en difficulté. Un remède de cheval qui risque toutefois d'être inefficace, déplorent des intervenants du milieu de l'éducation.

«Mauvais !», «Incomplet !», «Décevant !» : le plan d'action de la ministre de l'Éducation pour soutenir la réussite des élèves handicapés ou en difficulté d'apprentissage ou d'adaptation a essuyé ces critiques sévères, dès sa publication, hier après-midi.

«La détresse qu'on rencontre dans les classes va se poursuivre», a déploré Réjean Parent, président de la CSQ, qui aurait souhaité que l'on investisse davantage dans les ressources spécialisées, comme des orthopédagogues et des psychoéducateurs.

Meilleure organisation
La ministre Michelle Courchesne juge pour sa part que les ressources spécialisées sont là, mais qu'elles doivent être mieux gérées. «Je suis convaincue que l'on peut améliorer énormément la façon dont on travaille avec les ressources», dit-elle.

Le ministère de l'Éducation embauchera 1000 profs au cours des trois prochaines années. Avec ces investissements de 56,3 M $, Québec souhaite ainsi réduire le ratio maître-élève dans les classes du deuxième cycle primaire à la première secondaire dans les milieux défavorisés.

Pensée magique
Égide Royer, professeur à l'Université Laval et spécialiste de l'enseignement aux élèves en difficulté, estime que le plan ne s'attaque pas aux vrais problèmes. «C'est la pensée magique de croire que 1000 profs de plus, ça va régler le problème», dit-il.

«Je suis très déçu. Il faut intervenir sur la prévention pour détecter les jeunes qui ont des problèmes à l'âge de quatre ans, dès la maternelle», fait-il valoir.

Perfectionnement
Robert Cadotte, spécialiste de l'enseignement en milieu défavorisé, estime qu'«avoir des profs de plus, ça ne fait pas de mal, mais ça ne va pas au fond de l'affaire. Il faut offrir des mesures de perfectionnement aux enseignants pour qu'ils comprennent la réalité des jeunes défavorisés».

André Caron, président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, a, lui, salué «la volonté gouvernementale d'intervenir plus auprès de cette clientèle en difficulté».

Les coûts du plan d'action

56,3 M $
1 000 profs supplémentaires

3,5 M $
Ajouts budgétaires pour le perfectionnement

2,3 M $
955 places pour les élèves qui sont hospitalisés ou hébergés dans un centre jeunesse ou dans un centre pour jeunes toxicomanes

2,4 M $ par an
Personnes-ressources pour accompagner les commissions scolaires dans l'organisation des services

[ 12-06-2008 ]





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