
Source : Le Journal de Montréal - Afin d’éviter que les coffres du régime public de retraite ne soient à sec en 2051, la Régie des rentes du Québec propose un train de mesures qui comprend une hausse de 0,5 % du taux de cotisation, étalée sur une période de 5 ans.
L’augmentation de 0,1 % par an débuterait en 2011 et amènerait le taux de cotisation actuel de 9,9 % à 10,4 % en 2015.
Pour un employé dont le salaire atteint ou dépasse le maximum des gains assurables (44 900 $ en 2008), la hausse annuelle de 0,1 % équivaudrait à 20,70 $. La contribution annuelle à la RRQ passerait alors de 2049,30 $ actuellement à 2070,00 $.
Puisque le financement du régime public est partagé, l’employeur subirait une hausse équivalente.
Le relèvement du taux de cotisation est au coeur d’un document de consultation préparé par la RRQ. Il a été déposé la semaine dernière à l’Assemblée nationale dans le brouhaha de la fin de session.
Selon la plus récente analyse actuarielle effectuée par la Régie, au 31 décembre 2006, sa réserve de 33 G $ serait à sec en 2051 si aucune mesure n’était prise. Pour continuer de payer des prestations aux retraités, il faudrait alors que le taux de cotisation soit augmenté à 12,5 %, «ce qui poserait un problème d’équité intergénérationnelle», écrit la Régie.
Modifier certaines prestations
Selon la RRQ, la hausse proposée ne résoudrait qu’en partie le problème. Car avec la nouvelle loi 68 qui favorise la retraite progressive en bonifiant les rentes, il faudrait que le taux de cotisation soit de 10,7 % en 2011 pour maintenir la réserve.
Elle suggère une douzaine d’autres mesures, dont le remplacement de la rente à vie de conjoint survivant par une rente temporaire de 10 ans pour tenir compte du fait que les femmes participent davantage maintenant au marché du travail.
Puisque l’espérance de vie a augmenté, la RRQ suggère aussi d’inciter les gens à différer leur retraite au-delà de 65 ans en majorant de 6,0 à 8,4 % par an le taux de bonification de la rente.
En guise de «pistes à explorer», la RRQ évoque aussi la possibilité d’augmenter le maximum des gains admissibles et de permettre aux gens de verser des cotisations volontaires pour améliorer leur revenu de retraite.
Le gouvernement du Québec tiendra à l’automne ou au printemps prochain une commission parlementaire pour examiner ces propositions. Il attend entre-temps les mémoires des groupes intéressés.
[ 26-06-2008 ]