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La retraite peut être parsemée d'embûches pour les olympiens canadiens



Source : PC - Envisager la retraite est quelque chose qui peut faire peur à bien des athlètes canadiens qui mettront fin ou disputeront une dernière compétition d'envergure à l'occasion des Jeux olympiques de 2008. Il est peu probable qu'ils se retrouvent à nouveau parmi les meilleurs au monde dans une autre sphère d'activité, et certains d'entre eux ne savent pas par quoi commencer pour assurer une transition en douceur.

Bien des athlètes en lice à Pékin sont demeurés évasifs au sujet du moment officiel de leur éventuelle retraite. Quelques instants après avoir quitté leur aire de compétition, ils n'étaient toujours pas prêts à prononcer le mot «retraite», à dire que le travail de toute une vie était maintenant chose du passé.

«C'est la seule vie que je connaisse depuis 18 ans, a déclaré le coureur de fond Kevin Sullivan, de Brantford, Ontario. C'est une partie très importante de ma vie. C'est difficile de penser au-delà de ça. Mais c'est sûr qu'à un moment donné, je vais devoir le faire.»

Blythe Hartley, de North Vancouver, a indiqué qu'elle avait effectué son dernier plongeon à Pékin, mais qu'elle était incertaine de ce qu'elle allait faire ensuite. Elle a un diplôme en communications de l'Université de la Californie.

«Il y a des choses qui me traversent l'esprit, mais c'est là que ça va rester, a dit Hartley. Les dernières années ont été très intenses et difficiles, et je pense que j'ai besoin d'un peu de temps avant d'entreprendre la prochaine étape.»

Pour la majorité des Canadiens qui n'ont pas l'intention de disputer les JO de Londres en 2012, ajouter une année ou deux à leur carrière dans leur sport permettra de faciliter les choses, plus que s'ils devaient s'arrêter net.

«C'est difficile parce que je ne sais pas ce qui va s'amener dans ma vie, à quel moment je vais fonder une famille et toutes ces choses-là», a déclaré la Torontoise Karen Cockburn, qui a remporté la médaille d'argent en trampoline.

Elle prévoit poursuivre pendant quelque temps encore, bien que son genou ne lui permettra pas de le faire jusqu'en 2012.

«Mon mari et moi commençons à penser à l'avenir, a-t-elle dit. Mais en ce moment, il n'y a rien de décidé.»

Quand les athlètes passent pratiquement toutes les journées de leur vie au gymnase, sur la piste ou dans la piscine dans le but d'atteindre un seul et unique objectif, celui de participer aux JO, comment font-ils pour savoir ce qu'ils seront capables de faire dans leur deuxième carrière? S'ils sont allés à l'université, les chances sont qu'ils ont étudié à temps partiel ou qu'ils ont pris une année de congé de leurs études dans le but de se préparer pour les Jeux.

Ils regardent autour d'eux et voient des gens qui ont déjà leur diplôme, qui ont déjà une carrière bien établie, qui ont acheté une maison et ont des enfants. Leur diplôme est dans une boîte dans le sous-sol de la maison de leurs parents, ils n'ont pas de c.v. - qui sont-ils au juste maintenant?

«Probablement depuis leur enfance, on les connaît comme athlètes d'élite et c'est l'étiquette qu'ils ont dans les réunions de famille», note Roberta Neault de la firme Life Strategies à Vancouver, qui se spécialise dans la gestion de carrières et fournit divers services en ressources humaines. «Leur but, ce doit être de comprendre par eux-mêmes qui ils sont maintenant. Ils peuvent célébrer la partie "athlète d'élite" de leur identité, mais ils doivent aussi y ajouter ou modifier celle-ci, tout en communiquant leurs intentions à toutes leurs connaissances. Car dans probablement 80 % des cas, c'est le réseautage qui permet de dénicher un nouvel emploi.»

La vie d'un athlète olympique est difficile, mais en même temps d'une simplicité réconfortante.

«Ton entraîneur te dit quoi faire, à quelle heure te lever, ce que tu dois manger, raconte l'ancienne plongeuse Anne Montminy, qui est maintenant avocate et analyste à la télé en plongeon. Ce n'est pas facile, mais en même temps ça l'est parce que tu n'as pas à penser par toi-même. Et ensuite, tu es toute seule, tu ne sais plus comment utiliser tes habiletés à bon escient.»

Mais tout n'est pas noir. Plusieurs athlètes se tournent vers le métier d'entraîneur, une façon de poursuivre leur carrière dans un sport qu'ils adorent, et de redonner à la communauté. D'autres restent impliqués comme analystes pour leur sport à la télé.

D'autres peuvent transposer leurs habiletés physiques dans un autre domaine. Le gymnaste de Calgary Adam Golding songe à une carrière avec le Cirque du Soleil.

Bien des employeurs adorent embaucher un olympien, surtout un médaillé olympique, si bien qu'un podium va souvent ouvrir des portes dans le monde des affaires.

Il existe aussi des ressources qui permettent de mieux guider les athlètes à la retraite. Le Comité olympique canadien organise des conférences après les Jeux dans le but d'aider les athlètes à vivre une transition saine vers «la vraie vie». D'anciens athlètes et des gens d'affaires les renseignent sur la vie après les JO. Ils donnent notamment des conseils sur le réseautage et la rédaction d'un c.v.

Une conférence de quatre jours est prévue à la fin octobre dans la région de Toronto, a indiqué Dave Bedford, directeur exécutif du marketing et des communications pour le COC. Des invitations seront envoyées à qui de droit une fois que les Jeux de Pékin seront terminés.

«Nous croyons que ces athlètes ont un ensemble d'habiletés que personne d'autre n'a en matière d'habitudes de travail et d'engagement, a dit Bedford. En même temps, pendant des années quelqu'un leur a dit quoi manger et quand se lever, déterminer à leur place leur horaire d'entraînement. Certaines de leurs habiletés sont transférables, tandis que d'autres ont besoin d'être peaufinées.»

Le COC a aussi prévu un service de mentorat, où des anciens olympiens servent de guides aux athlètes actuels.

Montminy en est une et elle a l'impression d'être sous-utilisée parce qu'on a communiqué avec elle une seule fois à ce sujet.

«Je ne sais pas pourquoi je ne reçois pas plus d'appels, a-t-elle dit. Tout le monde reconnaît que la retraite est une étape vraiment difficile, mais on dirait que personne n'agit pour arranger les choses.»

[ 22-08-2008 ]





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