
Source : PC - La mobilité de la main-d'oeuvre entre la France et le Québec devient une réalité de plus en plus concrète.
Après les architectes et les ingénieurs, 14 professions et métiers ont signé lundi à Paris des «arrangements de reconnaissance mutuelle» (ARM) qui leur ouvriront les portes des marchés du travail québécois et français.
En vertu de ces ARM, les comptables, les travailleurs sociaux et des travailleurs de la construction, qu'ils soient peintres, maçons ou carreleurs, verront leurs qualifications reconnues de part et d'autre de l'Atlantique.
Ces «arrangements» ont été signés sous les lambris du Palais des Affaires étrangères, au Quai d'Orsay, en présence du ministre québécois des Relations internationales, Pierre Arcand, et du secrétaire d'État français à la Coopération, Alain Joyandet.
«Accord historique», «première mondiale» : les deux hommes ont souligné le caractère complètement inédit de ces accords. «On fait figure de pionniers», a signalé le ministre Arcand.
Ces conventions de «reconnaissance mutuelle des qualifications» s'inscrivent dans le cadre de l'Entente sur la mobilité professionnelle signée en octobre dernier à Québec par le président Nicolas Sarkozy et le premier ministre Jean Charest.
«Elles auront des conséquences très importantes sur l'économie de nos deux pays», a prédit le ministre Joyandet. Impossible toutefois de chiffrer ces retombées : aucune projection n'a été faite à Québec ou à Paris sur les éventuelles conséquences de la petite révolution qui se prépare.
La commission de la construction indique qu'elle a déjà reçu une centaine de demandes de renseignements de Français et de Québécois envisageant de tenter l'aventure.
Concrètement, en vertu des ARM signés lundi, un carreleur québécois pourra devenir mosaïste en France sans repasser d'examen, puisque les deux formations sont jugées «globalement équivalentes».
Dans d'autres cas, des formations complémentaires seront exigées. Ce sera le cas par exemple pour les travailleurs sociaux, dont les diplômes sont désormais reconnus, mais qui devront se familiariser avec le droit social français et réciproquement.
Avec 16 «arrangements de reconnaissance mutuelle» signés, «on entre vraiment dans le concret», a-t-on répété lundi. «Les premiers échanges physiques (de travailleurs) auront lieu dans les tous premiers jours de 2010», a prédit le ministre Joyandet.
Même optimisme chez le ministre Arcand, qui signale que «les premières ententes sont les plus difficiles à négocier». «Les contraintes et les difficultés s'amenuisent au fil du temps», a-t-il ajouté.
Trois autres professions (les massothérapeutes, les manipulateurs de cardiologie et opticiens) se sont d'ailleurs engagées par écrit lundi à signer des ententes.
Elles seront suivies d'ici la fin de l'année par sept groupes professionnels particulièrement importants.
Parmi eux, les médecins, les avocats, les sages-femmes et les pharmaciens. Au total, 23 professions et métiers auront alors conclu des ARM. L'objectif de la France et du Québec est d'atteindre le seuil de la centaine.
[ 27-04-2009 ]