
Source : Le Journal de Québec - Les travailleurs mexicains rencontrés par le Journal lundi affirment tous s'inquiéter des cas de grippe porcine qui se multiplient au Mexique actuellement. Des cas qui menacent non seulement la santé des leurs, mais aussi leur année financière si la frontière canadienne se resserre.
Vincente Padilla, 30 ans, travaille sur la ferme Onésime Pouliot à Saint-Jean sur l'Ile d'Orléans. Venu au Québec pour une cinquième année consécutive, le père de trois enfants s'inquiète maintenant pour les siens qui habitent dans la région de Mexico, actuellement touchée par le virus.
Ce n'est qu'une fois arrivé au Québec que M. Padilla a appris la nouvelle concernant la grippe. «Au début, je n'étais pas préoccupé, a-t-il confié au Journal, alors qu'il semait la terre pour la saison à venir. Mais deux jours plus tard, c'est devenu un très grand problème au Mexique et je pense que tant les travailleurs que les producteurs ici sont affectés par ce qui se déroule. Je crains que les travailleurs mexicains ne pourront éventuellement pas venir ici.»
Depuis l'annonce, il affirme être en contact plus fréquemment avec son épouse. «Ma famille a un peu peur. Les médias sont alarmistes en ce moment, souligne-t-il. Aux nouvelles, on nous dit de ne pas manger de viande, et de ne pas se rapprocher de personnes susceptibles d'être malades. C'est préoccupant pour nous, parce qu'on ne sait pas ce qui va arriver.» Sa fille de onze ans est d'autant plus inquiète car son école a été fermée par les autorités. «Et elle veut aller à l'école», insiste-t-il.
Au-delà des préoccupations familiales, les travailleurs issus des régions plus lointaines affirment craindre qu'on ferme éventuellement la frontière à leurs compatriotes si la grippe prend de l'ampleur. Jesus Martinez Sanchez, 38 ans et père de cinq enfants, estime qu'une telle mesure serait catastrophique pour plusieurs mexicains. «Il y a du travail au Mexique, mais beaucoup moins et le salaire est plus bas», souligne-t-il, rappelant qu'alors qu'il gagne entre 90 et 100 dollars canadiens par semaine dans son pays, sa rémunération hebdomadaire augmente à environ 500 dollars après impôts au Québec.
«C'est beaucoup [plus].»
[ 27-04-2009 ]