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Les travailleurs mexicains subiront un examen médical pour venir au Canada



Source : PC - Afin de protéger les Canadiens de la grippe porcine, les travailleurs agricoles mexicains devront se soumettre à des examens médicaux avant d'entrer au pays. Et d'autres mesures pourraient suivre.

Autant le gouvernement fédéral que ceux des provinces surveillent la situation de très près pour s'assurer que les agriculteurs disposeront cet été de tous les ouvriers nécessaires, sans toutefois mettre en danger la santé de la population.

Mais sur les fermes, on craint que l'accès au Canada soit éventuellement interdit aux ouvriers mexicains, qui représentent une main-d'oeuvre importante pour bien des agriculteurs.

L'Union des producteurs agricoles (UPA) a reçu les appels de nombreux membres inquiets, qui craignent qu'on en vienne à fermer la frontière à ces gens.

«On n'ose pas s'imaginer les impacts, si jamais on ne pouvait pas compter sur ces travailleurs, a averti le président de l'UPA, Christian Lacasse. Il y a une pénurie de main-d'oeuvre, au Québec, et les alternatives ne sont pas évidentes.»

«Quand c'est le temps de faire les travaux dans les champs, il faut les faire, a-t-il fait valoir. Les producteurs ne peuvent pas se dire qu'ils vont attendre deux ou trois semaines pour faire leurs semences. C'est la même chose pour la récolte.»

«Et 3000 ou 4000 travailleurs de remplacement, ça ne se trouve pas comme ça», a affirmé M. Lacasse.

Lundi, compte tenu de la situation, Ottawa et Mexico se sont entendus sur des mesures de précaution supplémentaires visant ces milliers de travailleurs saisonniers, dont une bonne partie sont des femmes.

Ainsi, avant d'être autorisé à venir au Canada, tout travailleur mexicain devra répondre à un questionnaire et être examiné par deux médecins. De plus, le moment venu pour lui de monter dans l'avion, on s'assurera qu'il n'a pas de fièvre.

«Nous pensons avoir pris des mesures robustes en coopération avec les autorités mexicaines», a dit lundi le ministre fédéral de l'Immigration et de la Citoyenneté, Jason Kenney.

«Les autorités mexicaines ont aussi adopté leurs propres mesures pour s'assurer que ceux qui quittent le Mexique ne présentent aucun des symptômes de cette grippe, a-t-il ajouté. Parce qu'elles ne veulent évidemment pas être la source d'un problème mondial.»

Ces mesures devraient suffire pour l'instant, a estimé M. Kenney. Mais il n'a pas exclu la possibilité d'imposer d'autres restrictions si nécessaire. «Si la situation change, nous sommes ouverts à une autre approche», a-t-il précisé.

Environ 17 000 travailleurs mexicains ont travaillé sur les fermes canadiennes, l'an dernier, dont 3100 au Québec.

Le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec, Laurent Lessard, a souligné qu'il fallait être prêt à s'ajuster à tout moment puisque la saison est imminente, les agriculteurs étant sur le point d'ensemencer.

Il y a d'ailleurs déjà quelques dizaines d'ouvriers mexicains qui sont arrivés au Québec. Aucun ne semble être atteint de la grippe porcine.

«Si le niveau de risque devait évoluer, on devrait nécessairement prendre des mesures en conséquence, a dit M. Lessard. Parce qu'il n'y a personne qui souhaite - (incluant) le travailleur venu de l'étranger - contaminer les gens de chez nous et vice versa.»

Mais le premier ministre Jean Charest a bien pris soin de préciser qu'il n'était pas question, pour l'instant, d'empêcher les travailleurs mexicains de s'amener au Québec. «On n'est pas là, on n'est pas là», a-t-il insisté, en point de presse à Québec.

«On va prendre les mesures nécessaires pour s'assurer que les gens arrivent en bonne santé, pour eux personnellement et pour la sécurité de tout le monde», a ajouté M. Charest.

Reste qu'un branle-bas de combat semblait être en cours, lundi, à la Fondation des entreprises en recrutement de main-d'oeuvre étrangère (FERME), l'organisme qui coordonne pour de nombreuses fermes québécoises les embauches de travailleurs mexicains, guatémaltèques ou antillais.

Le directeur général de la FERME, René Mantha, n'était pas disponible pour répondre aux questions de La Presse Canadienne.

[ 27-04-2009 ]





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