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La reconstruction de notre économie commencerait par les femmes



Source : Ernst & Young - Il n'existe peut-être pas de solution miracle à la crise financière actuelle, mais l'avancement d'un plus grand nombre de femmes à des postes de chef de file semble être une résolution à long terme infaillible, ce qui contribuera à déboucher sur de nouvelles perspectives, selon Groundbreakers, un nouveau rapport d'Ernst & Young.

«Groundbreakers est une étude qui traite de la diversité de pensée, mais pas nécessairement au sujet de la race, du sexe, de l'origine ethnique ou de l'orientation sexuelle, que nous associons habituellement à la diversité, explique Lou Pagnutti, président et chef de la direction chez Ernst & Young. Le Canada, et le reste du monde d'ailleurs, a besoin de dirigeants d'entreprise avec des compétences différentes, afin de poser un nouveau regard sur des problèmes familiers et de rejeter le genre d'idées de groupe ayant pu contribuer à la crise financière mondiale à laquelle nous sommes confrontés.»

Dans Groundbreakers, Ernst & Young réunit des études révélatrices en faveur de l'augmentation du nombre de femmes au sein de la direction des entreprises. Par exemple, le rapport cite des données de Goldman Sachs selon lesquelles le fait de combler l'écart entre les taux d'emploi masculin et féminin pourrait faire grimper le PIB des États-Unis de 9 %, celui de l'Eurozone de 13 % et celui du Japon de 16 %.

Groundbreakers cite également des données provenant d'un rapport Catalyst de 2007 : en moyenne, les entreprises figurant au palmarès des 500 sociétés du magazine Fortune dont le conseil d'administration est composé d'un plus grand nombre de femmes affichaient un meilleur rendement financier que celles où moins de femmes siégeaient au conseil d'administration.

Par ailleurs, Groundbreakers mentionne un rapport tiré du magazine Economist selon lequel la contribution des femmes au PIB mondial au cours des dernières décennies a été supérieure à celle de la nouvelle technologie ou des économies émergentes de la Chine et de l'Inde. «Investir dans les femmes afin qu'elles dirigent la croissance économique n'est pas qu'une simple question de moralité ou d'équité. Il s'agit de perfectionner un avantage concurrentiel, ajoute M. Pagnutti. Des occasions se présentent pendant ces moments difficiles - il est temps de le reconnaître et d'intégrer les femmes à la structure de la direction de nos entreprises. La diversité n'est plus un concept qu'il serait bien d'adopter. C'est un impératif d'affaires.»

Comment les sociétés canadiennes peuvent-elles favoriser l'acquisition de compétences en leadership afin d'accroître leur compétitivité?

1) Créer un plan mûrement réfléchi permettant aux femmes d'accéder à des postes de leadership. Ne pas attendre que le temps règle les injustices. Mettre en oeuvre des plans visant à ce que les femmes puissent profiter du mentorat et des expériences appropriés et nommer des responsables afin de veiller à la réalisation de ce plan.

2) Travailler à la «diversité fonctionnelle». Le professeur Scott Page de l'Université du Michigan utilise ce terme pour illustrer l'idée que nous avons besoin de gens qui perçoivent les problèmes de différentes manières, par opposition à la pensée de groupe, afin de concevoir de meilleures solutions. Des études ont démontré que, dans de bonnes conditions, un groupe formé de personnes intelligentes choisies entièrement au hasard pour résoudre des problèmes obtiendra probablement de meilleurs résultats qu'un groupe homogène composé d'experts en résolution de problèmes.

3) Ne pas sous-estimer le pouvoir de la masse critique. Selon une étude McKinsey effectuée en 2007, les sociétés dont la haute direction compte au moins trois femmes ont obtenu un résultat supérieur à celui de sociétés sans femme à la haute direction en ce qui concerne toute une gamme de mesures en excellence organisationnelle. Il ne s'agit pas uniquement d'ajouter une femme ici et là, mais plutôt d'atteindre la masse critique qui donne aux gens le pouvoir de s'exprimer et de faire entendre leurs opinions.

[ 11-05-2009 ]





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