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Les femmes absentes d’un conseil d’administration sur six au Québec



Source : Argent - Un conseil d’administration sur six ne compte aucune femme dans ses rangs au Québec.

C’est le constat auquel arrive l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques. L’Institut a rendu public aujourd’hui un rapport intitulé La place des femmes au sein des conseils d’administration : pour faire bouger les choses.

Le président du conseil de l’institut Yvan Allaire déplore dans ce rapport le faible taux de participation des femmes aux conseils «malgré que les raisons […] pour expliquer ce phénomène s’estompent.» Selon lui, ces motifs «apparaissent maintenant comme des excuses et des faux-fuyants.»

Pour Monique Lefebvre, qui a présidé le groupe de travail chargé de préparer ce rapport, cette situation «tient probablement au fait qu’on ne perçoit pas toujours la valeur ajoutée pour une entreprise d’une plus grande diversité dans la composition de son conseil.»

Présentement, le Québec est la province où l’on retrouve le plus grand nombre de conseil où on ne compte qu’une seule femme, soit 46 % contre 32 % pour le reste du Canada. D’ailleurs, plus une compagnie est de petite taille, plus les chances sont minces d’y retrouver une femme au conseil d’administration.

Le document propose plusieurs mesures pour augmenter le nombre de femmes siégeant sur des conseils d’administration.

Tout en reconnaissant que la compétence doit demeurer la première qualité de tout administrateur, le rapport recommande de fixer un objectif de mixité de 40 %. Autrement dit, aucun des deux sexes ne devrait représenter moins de 40 % d’un conseil d’administration.

Pour arriver à cette proposition, le groupe de travail s’est inspiré des exemples de la Norvège et de l’Espagne, qui ont adopté des lois pour imposer une plus grande présence féminine sur les conseils. Par contre, le rapport ne recommande pas la voie législative pour le Québec.

Aussi, chaque conseil d’administration devrait demander à son comité de nomination et de gouvernance de trouver des façons d’inscrire systématiquement des candidatures féminines dans la liste des candidats pour remplacer les administrateurs sortants.

Dissidence
Le rapport rendu public comporte également une dissidence de Stephen A. Jarislowsky. Ce dernier avait créé une commotion lors d’une allocution qu’il a prononcée devant le Cercle de la finance internationale de Montréal le 14 mai. Il s’était alors prononcé contre la loi québécoise imposant graduellement la parité hommes-femmes dans les conseils d'administration des sociétés d'État.

Dans le rapport rendu public aujourd’hui, il déclare que même s’il «souhaite fortement voir des femmes qualifiées dans les conseils d’administration, il ne s’agit pas de (sa) principale priorité.»

«Y accorder la primauté reviendrait à préférer "les minorités" au travail, ce qui entraînerait une discrimination à l’égard d’individus disposant de meilleures qualifications», précise-t-il.

Selon M. Jarislowsky, «les conseils d’administration demeureront dysfonctionnels à moins que les 3 C (compétence, curiosité et courage) ne soient les exigences idéales en matière de qualification.»

[ 18-06-2009 ]





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