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Placement des diplômés : jusqu’à 25 offres par diplômé malgré la crise



Source : Jobboom - Dans certains secteurs de formation, le ralentissement économique qui sévit depuis un an ne semble pas affecter le placement des diplômés.

«Les cohortes sont si petites depuis quelques années que, même en diminuant, la demande demeure élevée en comparaison. En informatique, par exemple, les offres continuent d’affluer en quantité suffisante même si la crise touche l’industrie des technologies de l’information et des communications», explique Patricia Richard, directrice des contenus – national pour Jobboom.com. Ses propos sont basés sur l’enquête semestrielle réalisée par Jobboom.com aux mois de mai et juin 2009 auprès des services de placement des programmes en formation professionnelle, collégiale et universitaire concernant les perspectives d’emploi des nouveaux diplômés.

Ainsi, les 26 sortants des Techniques de l’informatique au Collège de Maisonneuve se sont vu proposer pas moins de 227 postes cette année. Dans les établissements d’enseignement où les groupes sont encore plus restreints, le déséquilibre entre l’offre de postes et la demande est plus frappant : le cégep de Chicoutimi a reçu pas moins de 19 affichages pour chacun de ses six diplômés de la spécialisation Gestion de réseaux, et 25 pour chacun des cinq diplômés du profil Informatique de gestion.

Les petits groupes sont fréquents dans ce programme : le Collège de Rosemont, à Montréal, a distribué à peine 9 diplômes Techniques de l’informatique cette année; le Cégep Beauce-Appalaches, sept, et le Cégep régional de Lanaudière à Joliette, trois.

Le portrait est similaire du côté des universités : seules neuf personnes ont reçu un baccalauréat dans cette discipline à l’Université du Québec à Trois-Rivières [UQTR] cette année! Les établissements d’enseignement continuent toutefois de recevoir plus d’offres qu’elles n’ont de diplômés pour les consulter : plus de cinq pour chaque diplômé à l’UQTR, et six à l’Université d’Ottawa. L’ÉTS avait 19 diplômés en génie logiciel ce printemps; ils se sont vu proposer 84 offres d’emploi.

Comptabilité et santé : envers et contre tout

En temps de crise, des domaines plus stables ressortent du lot. C’est le cas des sciences comptables, dont les professionnels sont appelés à veiller à la stabilité financière des entreprises. «Quand l’économie roule au ralenti, on leur demande de resserrer les cordons de la bourse», dit Patricia Richard. Les techniciens comptables qui détiennent un DEC Techniques de comptabilité et de gestion sont aussi très demandés sur le marché du travail : le Cégep de Sainte-Foy a reçu 112 offres ce printemps pour ses 56 diplômés.

Pas de répit non plus pour les employeurs du domaine de la santé, qui évoluent hors des contraintes de l’économie. Les DEP Santé, assistance et soins infirmiers, Assistance à la personne à domicile et Assistance à la personne en établissement de santé sont toujours aussi recherchés dans les établissements du réseau de la santé.

Le Cégep de Chicoutimi a reçu quelque 150 offres d’emploi pour ses 36 finissantes en Soins infirmiers, 125 pour ses 35 diplômés en Techniques d’analyse biomédicale et 60 pour ses 26 diplômés en Techniques d’inhalothérapie. Le Collège de Maisonneuve rapporte, pour sa part, avoir reçu 101 offres pour ses 59 finissantes en Techniques d’hygiène dentaire.

Le placement est tout aussi bon à l’université, notamment pour les sortants de sciences infirmières, de médecine dentaire et de pharmacie.

Le manufacturier recrute moins… mais il recrute

Les effets de la récession se sont tout de même fait sentir dans d’autres domaines. «Dans certains cas, comme les diplômes d’études professionnelles [DEP] Soudage-montage et Techniques d’usinage, la crise a rétabli un équilibre entre le nombre de finissants et les offres d’emploi», explique Patricia Richard. «La baisse de régime dans l’industrie manufacturière a ramené le nombre de postes vacants à un niveau plus réaliste par rapport à la taille des cohortes dans les centres de formation professionnelle.» Ce secteur est touché, en outre, par la clause Buy American du plan de relance économique américain, ce qui réduit les exportations chez nos voisins du sud.

Les employeurs de l’industrie manufacturière embauchent donc moins d’ingénieurs en mécanique que par les années passées. Une situation qui pourrait toutefois se renverser au cours des prochains mois, rappelle Patricia Richard. «À l’École de technologie supérieure, qui a reçu 20 % moins d’offres d’emploi cette année que l’an dernier, on prévoit néanmoins une pénurie d’ingénieurs dans plusieurs domaines dès 2010, lorsque l’économie reprendra de la vigueur.» Certaines branches du génie sont d’ailleurs très dynamiques malgré la crise, notamment le génie civil et le génie de la construction, qui bénéficient des importants investissements gouvernementaux actuels et à venir dans la réfection des infrastructures du Québec. Ainsi, 40 des 50 finissants de l’ÉTS en génie de la construction avaient déjà reçu une promesse d’embauche avant de terminer leurs études; les 10 autres ont pu consulter 82 offres d’emploi.

En baisse

L’impact de la crise est aussi visible dans le secteur de l’aérospatiale. Les diplômes d’études collégiales qui mènent à cette industrie (Techniques d’avionique, Techniques de maintenance d’aéronefs et Techniques de construction aéronautique) ont suscité moins d’offres d’emploi que l’an dernier, certaines grandes entreprises, comme Bombardier et Pratt & Whitney, ayant gelé les embauches. Résultat : plus de finissants choisissent de poursuivre leurs études à l’université.

Même constat pour le DEC Gestion de commerces, dont les diplômés font les frais de la crise dans le domaine du commerce de détail. Moins d’offres au Collège de Rosemont cette année, ainsi qu’au Cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu, où on a reçu 14 affichages seulement pour 27 diplômés.

Enfin, l’Université McGill rapporte que la diminution d’activité dans le domaine biopharmaceutique a un impact négatif sur le placement des diplômés en pharmacologie et en biotechnologie.

Programmes suspendus

Le manque d’élèves chronique qui se manifeste dans certains programmes oblige des centres des établissements à les fermer. C’est le cas au Centre de formation Harricana, à Amos, où les DEP Travail sylvicole, Abattage manuel et débardage forestier et Opération d’équipements de production ne sont plus offerts depuis 2005. Le CFP Mont-Laurier a suspendu il y a trois ans les DEP Affûtage, Sciage et Classement des bois débités, faute d’inscriptions et d’emplois. La crise forestière n’est bien sûr pas étrangère à cette situation. «Les emplois sont plus rares, mais il en reste», note Patricia Richard. «Le mode de gestion de la forêt change aussi, ce qui implique le besoin d’embaucher des personnes diplômées, notamment pour remplacer les retraités. Les 12 diplômés du DEP Aménagement de la forêt ont d’ailleurs tous trouvé du travail.»

Le monde de l’agriculture peine, lui aussi, à maintenir certains programmes en vie. Seules deux personnes ont reçu un DEP Grandes cultures, ce printemps, à l’École d’agriculture de Nicolet. Aucun diplômé à rapporter pour le programme Production porcine, dont les perspectives d’emploi sont pourtant bonnes.

[ 20-10-2009 ]





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Résultats



Québec

42,8 %


Situation de l’emploi :
Défavorable

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