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Les travailleurs étrangers pourraient être exploités, dit la vérificatrice



Source : PC - Les travailleurs étrangers temporaires qui viennent donner un coup de main dans les champs ou chez des familles à travers le pays souffrent des lacunes d'un programme d'embauche qui ouvre la porte à des abus envers eux.

Dans son rapport déposé mardi, la vérificatrice générale Sheila Fraser a déploré que de nombreux travailleurs étrangers peu qualifiés recrutés par des familles ou des entrepreneurs canadiens sont ainsi placés dans une situation de vulnérabilité.

Les faiblesses du programme sont particulièrement inquiétantes lorsqu'on constate l'explosion du nombre de demandes de ces travailleurs, qui sont souvent des aides familiaux en charge du ménage et de l'éducation des enfants ou encore des travailleurs temporaires fréquemment employés dans le secteur agricole.

«Les problèmes que nous avons relevés pourraient mettre les travailleurs étrangers temporaires dans une situation vulnérable et gravement menacer l'intégrité du programme d'immigration dans son ensemble», a noté la vérificatrice.

Le gouvernement ne fait pas de suivi systématique pour s'assurer que les salaires ou encore le logement prévu dans les modalités d'embauche est bel et bien celui promis au travailleur venu d'ailleurs.

Les aides familiaux, qui peuvent obtenir une résidence permanente après avoir travaillé au moins deux ans dans un foyer canadien, sont particulièrement susceptibles d'endurer de tels abus dans l'espoir de pouvoir un jour s'établir durablement au pays. Leur «isolement linguistique» et leur «compréhension limitée de leurs droits» en font par ailleurs des victimes faciles, croit Mme Fraser.

D'autre part, les employeurs qui pourraient mentir sur ces modalités s'en tirent sans conséquence, puisqu'il n'existe aucun mécanisme au gouvernement pour leur imposer des sanctions.

Interrogé en Chambre, le ministre de l'Immigration, Jason Kenney, a insisté sur la nécessité de recruter ces travailleurs.

«Nous ne voulons pas laisser des entreprises canadiennes sans travail durant ces temps économiques difficiles en leur refusant l'accès à des travailleurs qui triment dur et veulent contribuer à l'économie canadienne», a lancé le ministre.

«Le gouvernement a mis de l'avant d'importants changements dans sa réglementation pour collaborer avec les provinces et leurs ministres du Travail afin de s'assurer que le nombre minuscule d'employeurs abusifs n'aient plus accès au programme dans le futur», a-t-il affirmé.

Mais ses adversaires politiques ne se sont pas contentés de cette réponse.

«Les conservateurs voient les immigrants comme des unités économiques. C'est "utilisez-les et jetez-les"», s'est indignée la néo-démocrate Olivia Chow après la période de questions, aux Communes.

Mme Chow affirme qu'elle a entendu de nombreuses histoires malheureuses d'étrangers qui avaient dû emprunter beaucoup d'argent pour venir au Canada et ont vu malgré tout leur rêve brisé une fois rendus ici.

«On les a trompés, ils ont tenté de trouver un autre emploi, et ils se sont finalement faits déporter, mettre en prison. Ce sont des histoires tragiques. On ne peut pas traiter les êtres humains de cette façon, peu importe d'où ils viennent», a-t-elle soutenu.

[ 03-11-2009 ]





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