Les employés du secteur public sont choyés



Source : ARGENT - Au moment où la classe moyenne québécoise peine à joindre les deux bouts, le secteur public, financé par l'ensemble des contribuables, offre encore à ses serviteurs des conditions de travail dont des centaines de milliers de Québécois ne peuvent que rêver.

Semaine de travail plus courte, généreuse banque de congés de maladie, sécurité d'emploi blindée, régime de retraite où c'est le contribuable qui assume le risque, autant d'atouts qui expliqueraient l'attrait persistant du public, d'après les experts.

En 2008, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) réalisait une étude basée sur les résultats du recensement et les revenus d'emploi à plein temps par secteur et par profession.

Il en ressort que l'avantage de rémunération total dans le secteur public se chiffrait à plus de 30 %, en incluant les avantages sociaux et la durée de la semaine de travail.

En s'en tenant aux seuls salaires, les employés des gouvernements et du secteur public touchaient entre 8 et 17 % de plus que les personnes occupant des postes comparables dans le secteur privé.

Des chiffres qui dressent encore un portrait représentatif de la réalité, selon Louis Fortin, consultant en ressources humaines.

M. Fortin souligne que le public offre une gamme d'atouts difficiles à évaluer, mais qui valent leur pesant d'or.

«Même chez les grands employeurs privés, la stabilité de l'emploi est beaucoup moindre que dans le public», signale-t-il. Il dit qu'il n'est pas rare de voir des fonctionnaires faire toute leur carrière quelque part, chose beaucoup plus rare dans le privé.

«Souvent, les congés de maladie servent à autre chose que la maladie dans le public. Pour des raisons familiales», ajoute-t-il.

Contradictions?
Les chiffres de la FCEI semblent entrer en contradiction avec ceux de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Les employés de la fonction publique québécoise recevaient, en 2011, un salaire de 11,3 % inférieur en moyenne à celui des autres salariés québécois, selon l'organisme gouvernemental.

En tenant compte des salaires, des avantages sociaux et de la semaine de travail moins longue dans le public, les fonctionnaires québécois restaient désavantagés et gagnaient 6,1 % que les autres travailleurs d'ici.

Pourtant, de l'aveu même du gouvernement, sauf pour des postes très spécialisés, la fonction publique est encore un «employeur de choix» et n'a pas de mal à recruter.

M. Fortin souligne que l'enquête de l'ISQ comporte une faiblesse fondamentale : elle exclut les salariés des entreprises de 200 employés et moins, qui représentent pourtant un fort contingent du marché du travail.

Quelque 57 % des emplois au Québec sont fournis par les PME, et elles comptent pour environ la moitié du PIB du secteur des entreprises.

«Ce serait peut-être plus difficile à calculer en incluant ce segment du marché du travail, mais ça donnerait une vue certainement plus réaliste de la situation», soutient-il.

Des chiffres qui font dresser les cheveux sur la tête

  • Le contraste entre travailleurs des secteurs public et privé est de plus en plus frappant. En 2010, 87,1 % des employés de l'État avaient un régime de retraite, dont 94 % dans un régime à prestation déterminée (assurée). Dans le secteur privé, les proportions sont plutôt de 24,4 % et 52,3 %.
  • Un travailleur du privé qui mettra 6 500 $ par année durant trente ans accumulera environ 200 000 $ plus intérêts (ex.: 25 000 $ en intérêts). Son REER sera à sec en moins de cinq ans s'il devait dépenser 60 000 $ par année comme un retraité de l'État.
  • Un employé d'Hydro-Québec profite d'un régime de retraite huit fois plus généreux, qui vaudra bien au-delà de 1,5 million $ après 30 ans et sans avoir à y investir autant d'argent.
  • Engagement de l'État (donc des contribuables) pour renflouer les déficits.
  • Le passif net des régimes de retraite du secteur public québécois est de 28,7 milliards.
  • Considérés comme des «avantages sociaux futurs» aux fonctionnaires québécois, les congés de maladie accumulés représentent à eux seuls près de quatre millions de jours valant environ 800 millions.
  • La garantie d'emploi accordée aux fonctionnaires n'existe pas dans le secteur privé.
  • [ 06-11-2012 ]





    guide de survie

    Lorsque vous décidez de travailler à la maison, êtes- vous productif?












    Résultats



    Québec

    37,5 %


    Situation de l'emploi :
    Défavorable

    NOS AIGUILLEURS