Classe moyenne : une retraite clé en main



Source : Le Journal de Montréal - Les retraités de la fonction publique sont encore de grands privilégiés si on compare leur revenu à celui de certains retraités du secteur privé. Une retraite sans souci financier, pour plusieurs c’est ça... «être riche».

Qui est riche au Québec? Celui qui dort paisiblement et qui n’a pas peur de recevoir ses comptes, affirme Guy Lapierre. «Ça, c’est de la richesse!», lance fièrement cet ancien pompier à la Ville de Montréal.

Avec un salaire annuel pouvant atteindre 86 000 $, Guy Lapierre a eu la chance de bien garnir son fonds de pension pendant 30 ans. Retraité depuis 2007, Monsieur Lapierre touche maintenant un revenu annuel net de 41 600 $, soit 800 $ par semaine en plus des intérêts de son REER. Marié à Francine Beaudoin depuis 37 ans, le couple a élevé deux enfants qui ont maintenant quitté le nid familial. Leur maison de Pointe-aux-Trembles est entièrement payée et ils n’ont aucune dette.

«On n’avait rien quand ont s’est marié, se souvient sa conjointe. Les cinq premières années ont été difficiles, mais maintenant, je considère que l’on vit bien», confie-t-elle.

Sans la moindre hésitation, Guy Lapierre affirme qu’il est riche. «Plus riche que ben des riches parce que je n’ai pas de dettes! Tu peux avoir un ben beau char, mais si ta carte de crédit est loadée, t’es pas riche», tranche-t-il.

Des gras dur?
Fonds de pension bien garni, travail et salaire assurés à vie et revenus de retraite garantis, les retraités de la fonction publique font l’envie de bien des travailleurs, mais ne sont pas «riches» pour autant, affirme Pierre Dorais.

«N’écrivez pas que l’on est gras dur, ce n’est pas le cas», prévient cet ancien fonctionnaire à la Ville de Montréal.

Avec un revenu annuel de 30 739 $, Pierre Dorais ne se considère ni riche, ni pauvre. «Je suis dans la classe moyenne, je l’ai été toute ma vie et je me débrouille», explique-t-il.

S’il ne vivait pas en couple, l’homme de 72 ans avoue qu’il aurait du mal à joindre les deux bouts. «Je connais des retraités qui vivent seuls et avec le même revenu que le mien, ils doivent faire très attention. Ils ont besoin d’un revenu d’appoint, pas le choix», constate-t-il.

Pour bien des retraités, travailler aux élections et cumuler les petits boulots fait une énorme différence sur le budget, décrit l’ex-fonctionnaire.

«Une ville ne fera pas faillite»
Jean-Paul (nom fictif) et sa conjointe touchent 70 % du salaire qu’ils ont gagné au cours de leur vie active. Lui est retraité du service des incendies de la Ville de Ste-Foy et elle a travaillé dans l’enseignement primaire et préscolaire.

Avec des revenus annuels de 49 800 $ et de 52 600 $, Jean-Paul s’estime chanceux. «Je n’ai jamais cotisé à un REER, je savais que ma retraite me permettrait de bien vivre. Je n’avais ni les moyens, ni le besoin d’en prendre. On a même pris la décision que mon épouse resterait à la maison pour s’occuper de nos deux enfants.»

Jean-Paul avait cotisé à son fonds de pension. Il a déboursé entre 7 % et 9 % de son salaire et son employeur en a fait tout autant. «Une ville ne fera jamais faillite», pense-t-il.

La question de l’avenir des régimes de retraite sera justement un des grands enjeux pour les finances publiques du Québec.

Qualifié par plusieurs de véritable «bombe à retardement», le déficit actuariel des régimes publics atteint quelque 30 milliards de dollars. Celui des caisses privées est évalué à 26 milliards et le déficit estimé des régimes municipaux est 5 milliards de dollars.

[ 07-11-2012 ]





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