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Source : ARGENT - Au moment où les Québécois vivent de plus en plus vieux, la crise financière a eu l'effet de creuser de façon radicale la valeur des régimes de retraite de certains travailleurs comparativement à d'autres, créant deux classes de citoyens. Une situation jugée inéquitable et intenable par des experts.
Les régimes de retraite à prestations déterminées, qui sont concentrés dans le secteur public, ont permis à leurs bénéficiaires de traverser la crise sans trop de dégâts, soutient Michel St-Germain, associé chez Mercer.
Même si la Caisse de dépôt a perdu 40 G $ en 2008, la rente de retraite d'un fonctionnaire est garantie par l'État, peu importe l'âge auquel il décède. Il estime qu'un régime de retraite de la sorte peut représenter une rémunération «cachée» équivalant à 30 % du salaire.
«La valeur de la promesse qu'on a faite aux employés du secteur public a augmenté énormément depuis dix ans, de 50 ou de 60 %», signale-t-il.
Élus, fonctionnaires de tous les paliers de gouvernement, employés d'Hydro-Québec, policiers et pompiers comptent parmi ceux qui profitent d'un régime à prestations déterminées.
Dans le secteur privé, à peine 15 % des travailleurs bénéficient d'un tel régime, et quand c'est le cas, il est en général moins généreux que dans le public, mentionne M. St-Germain.
Même de grands employeurs comme la Banque Royale ont renoncé récemment à offrir cet avantage, parce qu'il lui coûtait trop cher.
L'abri financier offert par l'État à ses salariés n'est pas blindé par magie, mais parce que celui qui finance le régime, le gouvernement, ou indirectement le contribuable, a l'obligation de renflouer le régime s'il est déficitaire.
Ironie des lois, des employés de la Ville de Montréal ont déjà profité d'un congé de cotisations parce que le régime était surcapitalisé dans les années de vache grasse.
Or, en 2012, plus de la moitié des dépenses de la Ville de Montréal (50,4 %) était consacrée à la rémunération globale des employés et près de 13 % du budget servait à payer uniquement les régimes de retraite.
En 2013, à cause de la faiblesse de l'économie, Montréal prévoyait hausser les taxes et injecter 500 M $ au paiement des seules retraites de ses employés, le triple du montant versé en 2007.
Ras-le-bol
Léon Lemoine, porte-parole du Regroupement indépendant des conseillers de l'industrie financière du Québec, dit entendre de plus en de plus de grogne chez ses clients du privé relativement à cet écart de traitement.
Ils doivent épargner deux à deux fois et demi plus dans leur REER pour s'offrir une retraite comparable à celle d'un policier ou d'un pompier.
«On entendait peu de commentaires avant, mais depuis un an, on sent une prise de conscience. Il y a là une profonde inéquité», dit-il.
Deux retraités, deux mondes
Public
Privé