Les «cumulards» de l'emploi explosent



Source : ARGENT - Alors que les augmentations de salaire ne permettent pas toujours de compenser la hausse du coût de la vie, de plus en plus de Québécois sont forcés de cumuler deux emplois pour arriver à joindre les deux bouts. En 25 ans, ce type de travailleurs a plus que doublé.

En 2011, environ 175 900 travailleurs avaient plus d'un emploi au Québec. En 1987, on recensait seulement 82 500 personnes dans cette situation, révèlent des chiffres obtenus auprès de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Si c'était autrefois surtout les hommes qui cumulaient plus d'un emploi, dans les dernières années, il y avait plus de femmes que d'hommes dans cette situation.

Les jeunes sont encore les plus susceptibles d'occuper deux postes en même temps, mais le cumul d'emplois a été multiplié par cinq chez les 55 ans et plus en 25 ans.

L'ISQ souligne que les «cumulards» de l'emploi se retrouvent surtout dans le secteur des services et de la vente, où les salaires sont parfois minimaux.

«Bien que certaines personnes qui occupent un deuxième emploi le font volontairement, d'autres sont obligées d'y recourir afin d'augmenter leurs revenus en raison des salaires faibles ou insuffisants de leur premier emploi», a indiqué Julie Rabemananjara, chercheure à l'ISQ.

Trois emplois pour payer les factures
ARGENT s'est entretenu avec une dame, Ghislaine (elle n'a pas voulu donner son nom de famille), qui dit devoir cumuler trois emplois pour arriver à boucler ses fins de mois.

Âgée de 53 ans, cette mère monoparentale ayant élevé trois enfants gagne 40 000 $ en occupant trois emplois. Elle est employée dans un magasin où on vend des articles de cuisine dans la journée. Elle est cuisinière le soir dans une pâtisserie, et elle fait des factures pour des médecins pendant le week-end.

Il est fréquent, selon elle, que sa semaine de travail dépasse les 50 heures.

«La retraite, je n'y pense même pas», a confié celle qui se relève peu à peu d'une faillite survenue il y a 16 ans.

«Cheap labor»
Les chiffres obtenus par Argent n'étonnent pas Dany Prudhomme, président de la FADOQ.

M. Prudhomme a souligné que le revenu moyen chez les 65 ans et plus atteint tout juste 26 000 $ par année. «[Environ] 40 % des aînés dépendent du Supplément de revenu garanti», a-t-il expliqué.

Il dit voir de plus en plus de retraités forcés de devoir retourner sur le marché du travail pour subsister.

«Ce sont souvent des emplois journaliers, durs physiquement, qu'on leur propose», a-t-il déploré.

[ 08-11-2012 ]





guide de survie

Lorsque vous décidez de travailler à la maison, êtes- vous productif?












Résultats



Québec

37,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

NOS AIGUILLEURS