Congés de maladie : un fossé public-privé



Source : ARGENT - Les congés de maladie offerts aux salariés de la fonction publique coûtent une fortune aux contribuables et servent bien souvent à autre chose qu'à rémunérer un employé réellement malade.

C'est ce qu'affirme la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), dans une étude sur le sujet, dont Argent a obtenu copie.

La FCEI estime ainsi que les cinq jours de congé de maladie supplémentaires dans la fonction publique par rapport à la moyenne du secteur privé coûtent jusqu'à 3,5 milliards de dollars aux contribuables.

Dans les dernières années, un écart important s'est creusé entre le nombre de congés de maladie pris par les employés du privé et ceux du public.

Le gouvernement fédéral trône au sommet des plus importants dispensateurs de congés de maladie, avec une moyenne de 15,2 jours de congés de maladie par année par employé.

Au provincial, la moyenne s'établit à 11,9 jours de congé par année, et dans les municipalités elle est de 10,3.

Même dans les grandes entreprises du secteur privé, on est loin du compte avec une moyenne de 9,1 congés de maladie par année dans les entreprises de 500 employés et plus.

Dans les PME de moins de 20 employés, la moyenne est de 6,7 jours seulement.

Cela donne une moyenne globale de 12,9 jours dans le public, et de 8,2 dans le privé.

Le Québec se démarque
Bien que cet écart entre le privé et le public soit constaté à la grandeur du Canada, le Québec se démarque par la générosité des prestations offertes en cas de maladie aux salariés du public, remarque la FCEI.

«Dans un cas extrême, au Québec, les professionnels et les ouvriers (cols bleus) employés par le gouvernement du Québec peuvent accumuler sans limite des jours de congé de maladie», signale-t-elle.

Ces employés ont aussi la possibilité de se servir de leurs congés de maladie inutilisés pour prendre une retraite anticipée ou recevoir un versement forfaitaire à leur départ à la retraite, selon l'organisme.

«Évidemment, nous devons faire preuve de compassion à l'égard des travailleurs qui sont véritablement malades, mais le système actuel semble avoir instauré dans la fonction publique le sentiment que les congés de maladie sont, en quelque sorte, un droit acquis et qu'ils peuvent être pris, même si, dans la réalité, ils n'ont quasiment rien à voir avec la maladie», s'est indignée la porte-parole pour le Québec de la FCEI, Martine Hébert.

L'organisme propose des pistes de solution pour tenter de résorber l'écart entre le privé et le public.

La FCEI demande principalement que les congés de maladie du public soient harmonisés avec ceux du secteur privé et que les congés de maladie non utilisés ne puissent plus être accumulés.

[ 04-12-2012 ]





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Résultats



Québec

37,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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