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Source : Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal - Qu'est-ce qui pousse tant de nouveaux immigrants établis au Québec à refaire leurs valises pour tenter leur chance ailleurs au Canada?
«Le Québec éprouve plus de difficulté à retenir ses immigrants et à les convaincre de s'y établir à long terme que l'Ontario. Ainsi, bon nombre de nouveaux arrivants ne font que transiter par le Québec, ce qui remet considérablement en question notre capacité de les intégrer», déclare le chercheur Daniel Parent, professeur à HEC Montréal, qui vient de réaliser pour le compte du Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal une étude sur le bilan migratoire du Québec au cours des trente dernières années.
D'abord un choix économique
Premier constat : le principal obstacle auquel les immigrants se butent au Québec serait d'ordre économique. «Les immigrants décrochent moins facilement un emploi au Québec qu'en Ontario, et ce, même lorsque nos voisins sont plus durement touchés par la crise économique. Cette réalité est d'autant plus vraie pour les nouveaux arrivants et pour ceux qui sont les plus scolarisés», précise Daniel Parent.
Faute de travail, les immigrants se tourneraient donc vers l'Ontario ou vers les autres provinces canadiennes pour améliorer leur sort.
Le taux de chômage des immigrants récemment arrivés est plus élevé au Québec qu'en Ontario, malgré le fait que les nouveaux arrivants soient plus scolarisés que les Québécois de souche.
Plus spécifiquement, la recherche nous apprend que chaque fois que le taux de chômage s'accroît d'un point de pourcentage au Québec, la province perd quelque 238 résidents dont 102 immigrants. Un ratio qui a de quoi surprendre, compte tenu du fait que le Québec compte presque dix fois plus de citoyens de souche que d'immigrants.
Autre révélation intéressante : bien qu'un marché du travail vigoureux semble avoir un pouvoir de rétention réel sur les immigrants, cette raison ne suffit pas à inciter les immigrants qui habitent en Ontario à migrer vers le Québec.
Une migration en dents de scie
Bien que les performances du Québec semblent, de prime abord, assez discutables en matière d'attraction, son bilan migratoire s'est toutefois beaucoup amélioré depuis le début des années 2000.
Il faut préciser qu'il a connu deux creux de vague considérables au cours des 30 dernières années : le premier entre les années 1981 et 1986 et le second entre les années 1996 et 2001. Sans pouvoir affirmer qu'il y ait un lien de cause à effet, il est difficile de ne pas noter la coïncidence de ces deux épisodes avec les deux périodes postréférendaires au Québec.
Par ailleurs, l'étude révèle que même dans ses meilleures périodes de rétention, le Québec enregistre toujours un bilan migratoire moins performant que l'Ontario. Ainsi, même pour la période faste comprise entre 2001 et 2006, l'Ontario a mieux retenu ses immigrants que le Québec, qu'ils soient francophones ou non.
Quelques données en vrac
En outre, l'étude nous apprend que la population d'immigrants s'est accrue davantage que celle des citoyens «de souche» entre 1981 et 2006, ce qui est également le cas partout ailleurs au Canada.
La proportion des immigrants qui connaissent le français a aussi considérablement augmenté depuis le début des années 1980, passant de 65 % en 1981 à près de 75 % en 2006. Cette réalité reflète l'importance plus grande accordée à la connaissance du français dans les critères de sélection. Toutefois, un pourcentage non négligeable d'immigrants ne parlent ni le français ni l'anglais, et ce phénomène est plus marqué chez les femmes que chez les hommes.
«À la lumière de ces résultats, il apparaît donc essentiel de tout mettre en oeuvre pour faire du Québec une vraie terre d'accueil où les nouveaux arrivants contribueront véritablement à la croissance économique de la province en leur permettant de s'intégrer rapidement au marché du travail», conclut Daniel Parent.
Pour en savoir plus, consultez le rapport Immigration/émigration au Québec : qui arrive, qui part et pourquoi?
[ 27-02-2013 ]