Depuis que votre médecin vous a mis en arrêt de travail pour épuisement professionnel, vous n’avez qu’une seule pensée : trouver le chemin de la guérison. Mais comment y arriver?

Au début de sa convalescence, Danielle (nom fictif) dormait beaucoup et avait tendance à demeurer dans la lune une partie de la journée. Son arrêt de travail pour burn-out a duré quatre mois, pendant lesquels cette ostéopathe de 37 ans a cheminé vers le rétablissement. Le secret de sa guérison? Du repos en nature, un psy, quelques virées à vélo et le soutien de proches compréhensifs.
Par où commencer?
1. Le suivi médical : essentiel
Toute personne en burn-out doit d’abord bénéficier d’un suivi médical régulier. Selon Dr François-Yves Prévost, omnipraticien au Centre de santé et des services sociaux de la Pointe-de-l'Île, la personne qui reçoit un diagnostic de trouble d’adaptation ou de dépression a besoin de repos. C’est pourquoi un arrêt de travail est souvent recommandé. Lorsque c’est le cas, le médecin donne une ou deux semaines de congé au bout desquelles il demande à revoir son patient. Il réévalue ensuite son état et décide s’il y a lieu de prolonger l’arrêt.
2. La médication : au cas par cas
Parfois, le médecin peut prescrire des médicaments pour contrôler l’anxiété ou l’insomnie. Mais si la personne souffre d’une dépression sévère, Dr Prévost n’hésite pas à recommander les antidépresseurs. Selon lui, ce type de médication peut rapidement aider à améliorer la concentration, l’énergie, l’appétit et le sommeil. Ainsi, soulagée des symptômes les plus incapacitants, la personne peut alors commencer à travailler au rétablissement.
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3. Du repos, mais pas juste en dormant
«Une dépression ou un trouble d’adaptation, ça ne se guérit pas en restant couché chez soi!», affirme Dr Prévost. Si du repos est prescrit, ce n’est pas toutefois pour passer ses journées à dormir ou à regarder la télé.
Le congé est l’occasion idéale pour apprivoiser un nouveau rythme de vie plus équilibré, souligne Éric Hurteau, psychologue et directeur des services professionnels chez Solareh, une entreprise spécialisée en prévention et en gestion de l’absentéisme au travail. «Certaines personnes ont du mal à s’accorder des moments de repos. Elles ont tendance à croire qu’elles n’en font jamais assez et elles se culpabilisent», remarque-t-il. Il leur suggère de se construire un emploi du temps où figurent des périodes d’activités entrecoupées de moments de détente, comme une heure de marche suivie d’une heure de télé.
Cette façon d’organiser son horaire permet à la personne de rester active et d’augmenter ainsi son estime d’elle-même. «Lorsque mes patients n’ont plus le goût de rien, je leur demande ce qu’ils aimaient faire auparavant», explique Dr Prévost. Le médecin leur suggère de se forcer un peu chaque jour à s’adonner à leurs activités préférées, comme le vélo ou le scrapbooking. Comme l’appétit vient en mangeant, le plaisir reviendra progressivement.
4. Une bonne dose de réflexion
Le congé de maladie doit aussi être l’occasion de travailler sur soi, ajoute le docteur Prévost. Le soutien d’un psychologue par exemple peut aider à réfléchir aux causes du burn-out et à diminuer les possibilités de rechute. Les travailleurs qui n’ont pas d’assurances ou qui ne bénéficient pas d’un Programme d’aide aux employés (PAE) offert par leur employeur peuvent toutefois se tourner vers d’autres organismes. Les CLSC et les cliniques de certains hôpitaux offrent parfois des services de psychothérapie.