5. Une psychothérapie pour trouver la cause du mal
Les causes du burn-out sont attribuables à différents facteurs : organisationnels ou individuels, affirme Nicolas Chevrier, psychologue et fondateur de Services psychologiques Séquoia. Parmi les causes organisationnelles, il y a les conditions de travail qui présentent un risque pour la santé des travailleurs : avoir un patron intransigeant, trop peu de latitude décisionnelle ou une charge de travail trop importante.
Les causes individuelles comprennent quant à elles le fait d’être de nature anxieuse ou perfectionniste. Ces traits de personnalité touchent toutes les sphères de la vie. «Une personne exigeante l’est au boulot, mais aussi à la maison! En plus de l’être avec elle-même, elle peut aussi l’être avec son conjoint et vouloir que tout soit parfait, jusqu’à l’organisation d’un souper», note Éric Hurteau. La psychothérapie permet d’apprendre à mieux vivre avec des traits comme l’anxiété ou le perfectionnisme.
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La personne qui vit un burn-out doit prendre conscience de sa façon habituelle de réagir face aux situations de la vie courante, explique Nicolas Chevrier. Par exemple, prête-t-elle souvent de mauvaises intentions aux autres? Son stress augmente-t-il dès qu’un collègue oublie de la saluer ou lui coupe la parole en réunion? Selon le psychologue, les travailleurs qui s’épuisent ont souvent tendance à voir une menace où il n’y en a pas. Ces erreurs de perception peuvent expliquer pourquoi une personne vit un stress chronique.
Mais il ne suffit pas de penser différemment, il faut apprendre à agir autrement! Nicolas Chevrier aide ses patients à trouver de nouvelles façons de planifier leur horaire de travail, par exemple en évaluant mieux le temps requis pour chaque tâche. Il les aide aussi à développer de nouvelles façons de communiquer ou de s’affirmer au travail.
Comment soutenir un proche?
Épauler une personne en burn-out est complexe. «J’ai apprécié le fait que mes parents respectent mon rythme, mais je les remercie aussi de m’avoir poussée à faire certaines activités», explique Danielle. Les proches et les conjoints doivent se montrer compréhensifs envers la personne en burn-out et éviter d’avoir trop d’attentes envers elle. «Ce n’est pas parce qu’elle a du temps de libre qu’elle doit garder les enfants du voisin ou faire les courses et le ménage chaque jour. Elle n’est pas en vacances!», rappelle Éric Hurteau.
Le psychologue conseille aussi aux conjoints d’éviter de surprotéger la personne qui vit un burn-out. Ce malaise peut effectivement entraîner des craintes exagérées, comme la peur de croiser un collègue dans la rue ou celui de passer devant l’édifice du bureau. Dans un tel cas, les proches doivent encourager la personne à faire face à ses craintes. Selon Éric Hurteau, «plus on évite quelque chose, plus le mythe et la peur l’entourant grandissent».