Tôt ou tard, l’employé en burn-out devra transmettre son billet médical. S’il travaille dans une PME, il devra le faire parvenir lui-même à son patron. Dans les grandes organisations par contre, c’est le service des ressources humaines de l’entreprise qui gère de façon confidentielle le dossier de l’employé. Dans un tel cas, le supérieur immédiat et les collègues sont informés que la personne sera absente, sans toutefois connaître le motif. «L’employé en burn-out peut tout de même choisir d’expliquer la situation au patron par courriel et lui dire qu’il lui écrira de nouveau dans quelques semaines», souligne Éric Hurteau.
Par contre, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise manière d’annoncer son état à ses proches. Danielle, elle, a choisi de parler de sa situation progressivement, en commençant par les personnes en qui elle avait confiance et qui n’allaient pas la juger. «En le disant à certains clients et à des amis, j’ai voulu me donner le droit de ne pas aller bien, explique-t-elle. Je voulais qu’ils comprennent l’origine de mes retards, de mes absences, de mes silences. J’avais aussi besoin de m’entendre le dire à voix haute pour prendre réellement conscience de mon état.»
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Les personnes retirées du travail ont souvent tendance à profiter de leur temps libre pour faire tout ce qu’ils avaient mis de côté, constate Éric Hurteau. Ils se lancent par exemple dans des projets de rénovation ou de réaménagement de la maison. Mais ce réflexe cache bien souvent autre chose. «S’activer autant peut être une façon d’éviter l’impact émotionnel du retrait de travail, comme la honte ou la culpabilité par exemple.»
Pendant les premiers jours de son arrêt de travail, Danielle était encore en mode performance. «Je me souviens d’avoir magasiné un cellulaire pour que mes amis puissent me joindre lors de mon congé. Je croyais que j’allais pouvoir faire plein d’activités», raconte-t-elle.
En quittant le travail, Danielle a senti un poids s’enlever de ses épaules. Mais une fois que ce sentiment de libération s’est estompé, toute la fatigue morale et physique qui l’avait menée au burn-out a refait surface. Quatre semaines après le début de son congé, elle se sentait plus dévastée qu’au premier jour de son arrêt. «J’ai eu l’impression qu’une vague me ramassait et me faisait couler davantage», se souvient-elle.