Dossier burn-out

Prêt… pas prêt pour le retour au travail?

Vous êtes en arrêt de travail pour burn-out depuis bientôt trois mois. Votre médecin croit qu’il est temps pour vous de retourner travailler, mais vous n’êtes pas certain d’être tout à fait prêt…

Par Éveline Marcil-Denault, M.Ps, psychologue organisationnelle






«Les personnes en burn-out ont souvent l’impression qu’elles vont rester dans cet état jusqu’à la fin de leurs jours», remarque Nicolas Chevrier, psychologue et fondateur des Services psychologiques Séquoia. Heureusement, le soutien et les traitements finissent par porter leurs fruits. Mais quand est-il temps de retourner au boulot?

La décision du professionnel

C’est au médecin traitant que revient la tâche d’évaluer si son patient est apte ou non à retourner au travail. «Si une personne en burn-out me dit qu’elle a encore du mal à lire deux pages consécutives d’un livre et qu’elle ne dort pas la nuit, il se peut qu’elle ne puisse pas encore reprendre son travail et en soutenir le rythme», affirme Dr François-Yves Prévost, omnipraticien au Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de la Pointe-de-l'Île à Montréal. Le retrait du travail sera alors prolongé.

Pub.

Avant de renvoyer la personne au travail, le médecin doit s’assurer que les symptômes qui ont mené à l’arrêt, comme la fatigue chronique par exemple, se sont atténués. Certains signes indiquent aussi que la personne va mieux. Mais la durée du retrait dépend aussi du niveau d’exigence de l’emploi. Un travailleur dont les tâches nécessitent beaucoup de concentration, comme un avocat plaidant par exemple, pourrait avoir besoin de plus de temps qu’un préposé aux ventes avant de pouvoir assumer de nouveau toutes les responsabilités qu’exige son poste.

Il arrive toutefois que la vision du professionnel de la santé et celle de son patient diffèrent. Lorsqu’une relation de confiance est bien établie entre les deux parties, le médecin et le travailleur peuvent trouver ensemble un terrain d’entente. Par exemple, ils peuvent convenir de prolonger de deux semaines ou encore d’un mois le congé, pendant lequel le patient devra préparer son retour à une vie plus active.

Le travail : une partie du traitement

De façon générale, Dr Prévost veille à ne pas prolonger indûment le congé de ses patients. Grand défenseur du retour progressif au travail, il estime que recommencer à travailler aide à se rétablir et à reprendre confiance en soi. Cela fait donc partie du traitement. Une personne qui a retrouvé environ 80 % de son énergie ou de sa concentration peut donc reprendre le travail, à condition que sa charge ou son horaire de travail soit allégé pendant quelques semaines.

Or, dans les faits, beaucoup de gens attendent inconsciemment de se sentir en forme à 100 % pour décréter qu’elles sont prêtes à réintégrer le boulot. Elles veulent redevenir la personne ultradynamique qu’elles étaient avant le burn-out. Elles font toutefois fausse route, souligne Éric Hurteau, psychologue et directeur des services professionnels chez Solareh, une firme spécialisée en prévention et en gestion de l’absentéisme au travail. «C’est leur manière d’être d’avant qui les a conduits à l’épuisement!» Plutôt que de retourner à leur mode de vie d’avant, M. Hurteau leur conseille de «changer, d’apprendre à ralentir et de prendre davantage soin d’eux.»

Confronter ses peurs

C’est bien beau de vouloir intégrer le travail dans le traitement... mais encore faut-il que l’idée de revoir le patron, les collègues et même de mettre les pieds dans l’immeuble du bureau ne soit pas une source d’anxiété pour la personne en burn-out. Cette crainte, courante chez les personnes anxieuses, devient parfois paralysante au point de les rendre physiquement malades. Certaines ont des nausées à la seule pensée de se voir assises à leur poste de travail!

«Elles peuvent être en arrêt de travail pendant deux semaines ou même six mois, et bien aller la majorité du temps, à l’exception des quelques jours qui précèdent le retour», selon Dr Prévost. Dans ce cas, rien ne sert d’étirer le congé. La psychothérapie est primordiale afin d’aider ces personnes à trouver des façons de mieux gérer leur anxiété avant et pendant le retour.


guide de survie

Quelle serait la pire gaffe lors d’un party de bureau?









Résultats



Québec

38,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

NOS AIGUILLEURS