Dossier burn-out

Comment préparer son retour? (suite)



4. Passer de la théorie à l’action

Une fois le travail repris, c’est le moment de mettre en pratique ses nouvelles résolutions, comme être plus vigilant aux signes de fatigue ou mieux s’affirmer auprès des collègues et du patron lorsque les attentes sont irréalistes. «Les gens réalisent que les autres ne les haïssent pas, et ce, même s’ils mettent leurs limites ou disent parfois non», fait savoir Éric Hurteau.

Toutefois, parce que ces acquis sont fragiles, le support d’un psychologue peut être d’une grande aide pendant la période du retour au boulot. «Mon rôle consiste en effet à aider les gens à transférer dans leur travail ce qu’ils ont appris en thérapie», explique Nicolas Chevrier. Le psychologue amène les gens à entreprendre une réflexion au sujet des événements difficiles qui sont survenus pendant la semaine. Il les aide à poser un regard plus réaliste sur ces situations. Par exemple, un travailleur très perfectionniste voudrait que son retour au travail se déroule sans anicroche. Cependant, il aura possiblement à accepter le fait que certaines journées se passeront moins bien que d’autres.

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Le psychologue peut aussi agir comme un coach pour aider ses patients à mieux communiquer leurs besoins à leurs collègues et à leur patron. «Certaines personnes se sentent débordés de travail, mais ne le disent pas à leur supérieur!», illustre Nicolas Chevrier. Parce que les autres ne peuvent pas lire dans leurs pensées et deviner leurs sentiments, elles doivent miser sur une communication claire et transparente afin d’éviter les malentendus, les déceptions et le stress inutile.

5. Devenir un agent de changement

Certains facteurs qui ont contribué au burn-out ne relèvent pas de la personne elle-même, mais plutôt de son milieu de travail, souligne Nicolas Chevrier. Les demandes contradictoires ou imprécises du patron et les interruptions des collègues peuvent rendre la concentration difficile. «Lorsque c’est le cas, la personne doit trouver des moyens d’améliorer son milieu de travail afin qu’il devienne moins stressant pour elle, sans quoi, elle risque de s’épuiser de nouveau», explique le psychologue.

Au bureau, aucun collègue ne prend de pause pour dîner? C’est le moment de lancer une nouvelle mode! Faites profiter les collègues des nouvelles habitudes de vie acquises en leur proposant par exemple d’aller luncher ou en leur suggérant d’apporter des petits plats à partager ensemble.

La morale de l’histoire

Même si Danielle aurait préféré ne jamais vivre un burn-out, elle admet aujourd’hui que cette expérience lui a permis d’en apprendre beaucoup sur elle-même. «Je sais que certaines de mes attitudes m’amènent à vivre beaucoup de pression. J’ai un petit côté missionnaire. C’est quand j’aide les autres que je me sens vraiment exister.»

Danielle a aussi compris que le boulot n’était pas le seul responsable de son épuisement. «Si je me suis autant investie dans le travail, c’était sans doute pour fuir certains deuils et difficultés survenus trois ans auparavant. J’essayais de me rebâtir en démarrant ma propre clinique d’ostéopathie. Une fois que celle-ci a pris son élan, c’est moi qui me suis effondrée.»

Pour traverser ce dur épisode, il faut apprendre à s’accepter. «Maintenant, je compose mieux avec celle que je suis, affirme Danielle. Je sais que j’ai en moi une dimension plus fragile, mais ça ne fait pas de moi quelqu’un de moins fort pour autant!»


La fatigue, c’est normal!

De retour au travail après un retrait de quelques semaines ou de quelques mois, il est normal de se sentir vidé à la fin de la journée. Les personnes qui ont la chance de reprendre le boulot progressivement, qui travaillent par exemple deux ou trois jours par semaine pendant un certain temps, peuvent profiter des autres journées pour récupérer.

Ceux qui doivent reprendre à temps plein dès le début ne devraient pas surcharger les soirées et les fins de semaines, de façon à ce que ces moments soient davantage consacrés au repos.

Dans la plupart des cas, cette fatigue s’estompe généralement assez vite, remarque Nicolas Chevrier. «Une personne qui effectue un retour progressif réussira souvent à reprendre un rythme de travail normal un mois et demi ou deux mois après le retour.»

Les travailleurs qui reprennent tout de suite le boulot à temps plein peuvent aussi vaincre la fatigue, mais seulement s’ils sont disciplinés et se réservent plusieurs pauses pendant la journée.


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