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Compétences clés
Entrevue avec Richard Nelson Bolles, spécialiste de la recherche d’emploi

Super Bolles

Lorsque l’américain Richard Nelson Bolles a perdu son emploi de pasteur en 1970, il n’a pas pour autant renoncé à prêcher.

par Catherine-Lune Grayson-C.
Photo : courtoisie Richard N. Bolles


Magazine Jobboom
Vol. 2 no. 5
octobre 2001


Afin de donner un coup de pouce à certains de ses collègues pasteurs, eux aussi victimes des compressions budgétaires, il a rédigé un guide sur le changement de carrière et la recherche d’emploi. Les 100 copies qu’il a imprimées ont rapidement trouvé preneur... Trente et un ans plus tard, What Color is Your Parachute? (De quelle couleur est votre avenir?), traduit en 10 langues, est toujours un best-seller : quelque six millions d’ouailles ont lu sa bonne parole.

Bien que Richard N. Bolles révise sa bible chaque année, son message est demeuré le même : oubliez l’envoi massif de CV. Déterminez plutôt ce que vous aimez faire et quelles sont vos compétences, employez-vous ensuite à trouver un endroit où les mettre en œuvre. Pour ce faire, appelez à la rescousse vos amis et votre famille, avec leur lot de contacts. N’hésitez surtout pas à prendre le taureau par les cornes : faites sonner le téléphone des employeurs qui vous intéressent, qu’ils recherchent ou non du personnel.

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Vous dites que les méthodes de recherche d’emploi traditionnelles sont inefficaces. Pourquoi persistons-nous à les utiliser, si tel est le cas?
Parce que personne ne nous a enseigné une meilleure manière! Lorsque quelqu’un envoie 80 CV et qu’il ne reçoit aucune réponse, il se dit qu’il n’a pas dû en envoyer suffisamment. Il en envoie donc 300. Ça ne fonctionne pas? Allons-y pour 800. C’est de la folie! Si une méthode ne donne rien, il faut en trouver une autre. Mais les gens ne savent pas qu’il en existe d’autres. Ils croient que le seul moyen de se trouver un emploi, c’est d’envoyer des CV, de consulter les petites annonces des journaux et d’Internet ou de passer par une agence d’emploi. Pourtant, chercher par l’entremise de son entourage ou en frappant aux portes qui nous intéressent peut se révéler beaucoup plus efficace.

En 31 ans, depuis la première parution de votre guide, les stratégies des chercheurs d’emploi ont-elles tout de même évolué selon vous?
Malheureusement non. Les gens pensent qu’Internet a totalement bouleversé la recherche d’emploi. Ce n’est pas le cas : envoyer un CV par Internet, par fax ou par la poste, c’est du pareil au même!

La nature des emplois que nous obtenons aujourd'hui est-elle différente de ceux que nous occupions, il y a quelques décennies?
Certainement. J’identifie quatre changements importants. D’abord, l’emploi typique d'aujourd’hui est temporaire. Avant, les gens se disaient : «Si je fais bien mon travail, mon patron ne se départira jamais de mes services.» Ce n’est plus vrai : les employés des «pointcom» s’en rendent compte depuis l'an dernier, avec les licenciements massifs qu'a connus cette industrie.

La deuxième différence est que l’emploi est devenu essentiellement un séminaire. Ça ne sert plus à rien de penser à l’augmentation de salaire ou à la promotion que vous pourriez avoir l’an prochain, vous n’y serez peut-être même pas. Tout emploi doit donc être considéré comme une expérience marquante. Si on le voit comme un séminaire, on peut se dire : «J’ai suivi un cours de deux ans!»

«Pour obtenir l’emploi de ses rêves, il faut y consacrer beaucoup de temps et d’énergie.»

Il faut aussi voir chaque emploi comme une aventure. Je dis toujours aux gens : «Si vous aimez les soap operas, éteignez votre télévision et allez travailler, vous y rencontrerez rumeurs, ambitions, revirements de situation dramatiques…»

Enfin, il faut absolument que la satisfaction provienne du travail lui-même. On ne peut plus compter sur de futures récompenses, parce qu’il n’y aura pas nécessairement de futur.

Dans ce contexte, avez-vous l’impression que les gens changent d’emploi de plus en plus souvent?
Absolument. Il y a dix ans, les changements d’emploi se produisaient assez fréquemment, mais maintenant, la roue tourne à une vitesse effrénée. Il y a des travailleurs qui quittent leur emploi tous les deux ans, ou encore plus souvent. Il y a dix ans, les gens qui butinaient d’un endroit à l’autre étaient perçus comme instables, irresponsables et déloyaux. Aujourd’hui, personne ne va froncer les sourcils pour ça.


guide de survie


Si vous gaffiez devant vos collègues et patrons, comment réagiriez-vous?








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