«Bien humblement, j’ai le sentiment de contribuer à l’évolution des pratiques de gestion des ressources humaines», affirme Jean-Stéphane Bernard, maintenant dans les souliers d’un haut gestionnaire. Le pouvoir pour le pouvoir, très peu pour lui. «J’ai observé qu’auparavant on prônait une gestion beaucoup plus paternaliste, de contrôle. Maintenant, il faut favoriser le développement des personnes. Je me vois comme un facilitateur, qui aide et responsabilise les gens.»
Ainsi, les leçons de gestion sont omniprésentes pour qui a le potentiel de les reconnaître. «Dans le secteur communautaire, par exemple, des bénévoles ont des habiletés incroyables et du leadership. Ils ont appris en organisant des campagnes de financement, notamment», poursuit Guillaume Desnoyers.
Tout comme le leadership, la gestion d’entreprise s’apprend par essais et erreurs. Nombre d’entreprises encouragent le mentorat. Certaines développent aussi des formations visant à identifier et à soutenir les patrons en herbe, formant ainsi une relève pour les postes de gestionnaires. «Ça va devenir la mode dans les organisations, parce que celles-ci ne veulent plus voir leurs employés les plus performants partir travailler ailleurs», affirme Emmanuel Boileau.
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Et la bonne fortune dans tout ça? Les boss sont-ils des «mardeux», des veinards? «Il peut en effet y avoir divers “facteurs chance” : un gestionnaire tombe malade et il faut le remplacer, ou encore une restructuration oblige à couper des postes de vice-présidents et on fera confiance à des directeurs pour les remplacer, etc., illustre Emmanuel Boileau. Mais dans une organisation stable, qui déplace peu ses dirigeants, un excellent gestionnaire peut attendre longtemps une promotion. Il est donc malchanceux comparativement à un autre qui travaille dans une organisation où les gestionnaires bougent plus.»
Outre cultiver le don d’être au bon endroit au bon moment, entretenir un bon réseau permet d’obtenir des renseignements privilégiés sur les postes à pourvoir et sur les changements organisationnels susceptibles de se produire dans une entreprise. Des relations peuvent aussi recommander un aspirant patron à la direction d’une entreprise ou à une firme de recrutement de cadres. Dis-moi avec qui tu joues au golf, je te dirai où tu seras peut-être boss!
Devenir boss en quelques leçons
Selon Alain Ishak, directeur, Québec, Hay Group
Être à l’écoute de soi-même, «même si ça peut avoir l'air granola de le dire comme ça»!
Être ouvert aux réactions des autres, tant positives que négatives.
Passer à l’action en développant constamment ses compétences.
Et ça recommence : être à l’écoute de soi, des autres, agir, puis apprendre, jusqu’à ce que cheminement ne soit plus synonyme d’évolution. «Lorsqu’on considère qu’on est au top, c’est le temps de prendre sa retraite!»
Selon Guillaume Desnoyers, associé principal et fondateur de Desnoyers ressources & conseils
Se découvrir un intérêt pour la direction.
Prendre conscience de ses habiletés de leadership.
Démontrer son intérêt pour un poste de direction et saisir les occasions d’apprendre (programmes de formation, mentorat, coaching, etc.).
Obtenir des mandats qui permettent de gravir des échelons.