Trouver un article
Pas de tailleur strict ni de chignon serré pour Éliane Limbert, directrice générale adjointe d’Opossum, une firme spécialisée en conception d’activités éducatives et en formation à distance.

Éliane Limbert
Cheveux longs tombant librement sur les épaules, beauté sans fard : à 47 ans, cette Française installée au Québec depuis deux décennies est fraîche comme une gamine.
Dans les bureaux de la Cité Multimédia, au cœur du Vieux-Montréal, elle raconte comment elle s’est hissée à la tête d’une équipe de 10 personnes. «Je ne l’ai pas cherché! En 20 ans de carrière, j’ai souvent occupé le siège du patron sans pourtant l’avoir désiré. Ce sont des collègues qui me demandaient de devenir leur chef. Moi, je n’ai aucune ambition.»
Pas d’ambition, peut-être, mais du charme à revendre. «Au travail, les gens disent que j’inspire la confiance et qu’ils ne se sentent jamais dévalorisés à mes côtés, même quand j’ai un message négatif à transmettre.» Drôle et sensible, elle crée rapidement des liens cordiaux avec collègues et clients. «Il paraît que je suis la farine qui fait prendre la sauce…» Un leader naturel, quoi. «J’ai un pouvoir d’influence auprès des gens. Mes idées sont adoptées facilement, mais je n’impose rien.»
| Pub. |
Tour à tour responsable des ressources humaines à l’agence de voyages Touram, conseillère pédagogique à la Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles, chef d’équipe dans la firme d’ingénieurs-conseils Tecsult, puis directrice générale chez Opossum, Éliane Limbert a roulé sa bosse au hasard des rencontres, avec peu de diplômes en poche, mais une capacité d’apprentissage exceptionnelle. «Je ne savais rien des ressources humaines, de la pédagogie et de l’informatique, mais je suis très autodidacte. J’ai passé des heures à lire des bouquins pour approfondir mes connaissances.»
Elle adore s’entourer de gens brillants, et faire en sorte que chacun puisse donner le meilleur de lui-même. «J’aime voir des visages heureux le matin, lorsqu’ils rentrent au bureau.» Patronne, elle l’est, mais c’est «administratif seulement». «Je n’ai pas le pouvoir suprême; je nous vois tous sur un même pied, partageant nos compétences et contribuant, à notre façon, à créer une œuvre.»
Reste que sa position hiérarchique la confine à une certaine solitude. Elle l’a ressenti avec acuité en 2006, lorsque l’équipe qu’elle dirige s’est séparée de Tecsult pour être rachetée par Opossum. «Mon patron ne souhaitait pas que mes employés soient informés de la transaction. Je me sentais tellement isolée! Tout le monde sentait qu’il se tramait quelque chose, mais j’étais forcée de mentir. J’ai mis du temps à regagner la confiance de l’équipe; ils m’en voulaient de leur avoir caché cette information.»
Assumer le rôle de guide pèse également lourd certains jours. «Je sens que l’équipe dépend de moi. Quand je m’absente, tout roule au ralenti, comme si personne n’osait prendre de décisions. Pourtant, mes collègues sont capables de trouver des solutions intelligentes. Ils me mettent sur un piédestal, à tort.»
La suite, elle l’ignore et s’en moque. «Tout me tombe dessus sans que j’aie à chercher. Je suis ouverte, prête à tout. Je vis une belle aventure professionnelle, mais demain, je pourrais vendre des légumes au marché et m’en trouver fort heureuse!»