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Pourquoi toi chef et moi Indien?

Le bon capitaine

Il a de quoi faire des jaloux. Il n’a pas 35 ans et déjà, en juin, Jasmin Bergeron deviendra directeur du MBA en services financiers à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM – le plus jeune à être nommé à ce poste jusqu’à présent.

par Marie-Hélène Proulx
Photos : Marie-Claude Hamel


Magazine Jobboom
Vol. 8 no. 5 Mai 2007


Jasmin Bergeron

Une prouesse parmi d’autres dans son cheminement : il est devenu professeur d’université à peine son diplôme de maîtrise obtenu; il donne des conférences partout dans le monde; il est courtisé par les meilleures universités américaines pour enseigner.

Né dans une famille pauvre, Jasmin a dû gagner sa croûte dès l’adolescence, tout en poursuivant ses études. Mais peu importe où il aboutissait, que ce soit dans un McDonald’s, une maison d’édition ou une institution bancaire, il finissait toujours par mener la barque. «On m’a toujours demandé de devenir patron, sans que je fasse de démarches.» Il attribue ces occasions à sa nature responsable et à ses habiletés sociales. «J’aime vraiment les gens. Je sais reconnaître leur travail, les encourager et les écouter, comme un bon père de famille.»

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Selon lui, cette aptitude manque cruellement à bien des aspirants au pouvoir. «Ils sont trop axés sur les résultats et pas assez sur l’humain. Ils ne savent pas donner des tapes dans le dos et passent leurs messages avec brutalité. Savoir aligner des chiffres ne fait pas de soi un bon gestionnaire! En même temps, il ne faut pas tout laisser passer, de peur de chagriner les employés; il y a un équilibre à trouver entre rigueur et humanité.»

Chaque fois qu’il est nommé patron, Jasmin rencontre un à un ses employés pour leur demander ce qu’ils attendent de lui. «Ils sont souvent sidérés. Ils ont plutôt l’habitude d’entendre ce qu’on exige d’eux.» Cette approche lui permet de comprendre leur personnalité et d’adapter son style de gestion. «Certaines personnes sont très autonomes; il faut les laisser libres pour les rendre heureuses. D’autres aiment plutôt être tenues par la main. Gérer est un job de caméléon!»

Il faut aussi user de psychologie. «Il arrive que des employés débarquent dans mon bureau, désemparés par leur relation de couple chaotique ou les problèmes de drogue de leur enfant. Comme patron, je n’aurais pas cru avoir à gérer autant d’aspects de la vie qui n’ont rien à voir avec le travail.»

Il ignorait aussi à quel point ce serait pénible d’être le tampon entre ses employés et ses supérieurs. «Dans mes emplois précédents, j’ai dû annoncer à mon équipe des décisions avec lesquelles j’étais en complet désaccord. Par solidarité, je devais faire semblant que j’appuyais la direction.» Une tête forte, ce Jasmin? «Disons que je déteste me faire imposer une vision, surtout quand je n’y adhère pas!»

Mais ces contrariétés sont peu de chose à côté de la joie que lui apporte un employé qui évolue. «Contribuer à la progression d’un individu est hyper valorisant. On me répète souvent que je pourrais mener une carrière prestigieuse à l’échelon international, mais en vérité, ça me passe 10 pieds par-dessus la tête. Mon ultime récompense arrive le jour où un membre de mon équipe me dit que je suis le meilleur patron qu’il a eu.»


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Québec

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Situation de l’emploi :
Défavorable

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