Compétences clés

Devenir astronaute (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 10 no. 7
août 2009


Houston, on a un problème

Les aspirants se sont notamment retrouvés à bord d’un module simulant l’intérieur d’un hélicoptère, abîmé au fond d’une piscine et viré à l’envers. Harnachés à un siège, ils devaient s’en extirper le plus rapidement possible. Un exercice répété à trois reprises, chaque fois avec une procédure plus complexe. Quelques jours plus tard avait lieu la fameuse épreuve de l’incendie et de l’inondation.

«Physiquement et mentalement, le séjour à Halifax a été la période la plus difficile du processus de sélection», avoue Jameel Janjua, un pilote d’avion de chasse né à Calgary et présentement basé à Bagotville. «Mais j’ai été fasciné par le fait qu’on puisse travailler aussi bien en équipe, alors qu’on se connaissait depuis moins d’une semaine. En quelques jours, on est devenus des amis pour la vie!»

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Car bien qu’ils aient été en compétition pour les deux mêmes postes, les aspirants astronautes affirment ne pas avoir senti de rivalité. «Nous ne pouvions rien faire pour “battre” les autres, souligne Jeremy Hansen. Refuser de s’entraider aurait vraiment été la pire chose à faire.»

Reste qu’à la suite de ces épreuves, l’aventure spatiale de 15 postulants a pris fin.

Gagner son ciel

Une dernière batterie de tests médicaux et psychologiques poussés attendait les 16 finalistes toujours en lice. À la suite de quoi l’ASC a finalement tranché. Les heureux élus : Jeremy Hansen et David Saint-Jacques. Une nouvelle accueillie dans l’émotion par les deux intéressés. «C’était bouleversant. J’attendais l’appel impatiemment, mais quand j’ai appris la nouvelle, je pouvais à peine y croire», confie Jeremy Hansen.

Pourquoi eux? L’ASC demeure discrète sur ses critères, souhaitant préserver le secret en vue des prochains processus d’embauche.

Pour les autres, difficile d’être écarté si près du but. Matthew Bamsey, adjoint de recherche au Programme d’exploration planétaire des sciences spatiales de l’ASC, ne se laisse toutefois pas décourager. Toute sa carrière est échafaudée en vue de concrétiser son rêve d’être astronaute. Il a même déjà passé quatre mois dans l’Arctique, à Devon Island, dans un espace restreint, afin de simuler un long voyage spatial.

«J’ai déjà le prochain processus de sélection dans ma ligne de mire, dit-il. J’ai bon espoir qu’il y en aura un autre dans un délai raisonnable. Je vais m’assurer d’être prêt.»

Idem pour Jameel Janjua. «Vers la fin, on se surprend à y croire de plus en plus. Alors la déception est très vive», confie-t-il. Mais le désappointement ne l’empêchera pas de replonger si l’ASC ouvre d’autres postes d’astronautes dans les prochaines années.

Pour les deux recrues, le vrai travail débute en août 2009, au Centre spatial Johnson, à Houston. Ils devront y suivre un cours en compagnie de recrues américaines, russes, européennes et japonaises. Ce n’est qu’en le réussissant qu’ils deviendront admissibles à une mission spatiale. Mais la première mission ne se présentera vraisemblablement pas avant plusieurs années. La route vers les étoiles ne fait que commencer.


David Saint-Jacques

Né : le 6 janvier 1970, à Québec (Québec)

Études : baccalauréat en physique de l’École Polytechnique Montréal; doctorat en astrophysique de l’Université de Cambridge, au Royaume-Uni; diplôme en médecine de l’Université Laval, résidence à l’Université McGill (spécialisation dans la pratique de la médecine de première ligne en région éloignée)

Expérience : médecin et co-chef du Département de médecine au Centre de santé Inuulitsivik, à Puvirnituq, dans le nord du Québec; chargé d’enseignement clinique pour la Faculté de médecine de l’Université McGill (supervision des étudiants et résidents en stage au Nunavik)

Quelques distinctions : bourse d’études du millénaire du Canada (2001-2005); bourse postdoctorale de la Japan Society for the Promotion of Science (1999-2001); Cambridge Commonwealth Trust Honorary Scholar (1994-1998); United Kingdom Overseas Research Student Award (1994-1998)

Jeremy Hansen

Né : le 27 janvier 1976, à London (Ontario)

Études : baccalauréat en sciences spatiales et maîtrise en physique, Collège militaire royal du Canada

Expérience : pilote de chasse de CF-18; officier des Opérations de combat à la 4e Escadre Cold Lake, en Alberta

Quelques distinctions : décoration de la Ligue des Cadets de l’Air du Canada en 1999 (meilleur di­plômé des forces aériennes du Collège militaire royal du Canada); Clancy Scheldrup Memorial Trophy en 2001 (diplômé exemplaire du cours de pilotage de base)


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