Ils auraient pu être 30, 100, voire plus, mais l’équipe de rédaction du Magazine Jobboom en a choisi 10. Imaginatifs, bâtisseurs, doués : ces entrepreneurs nous allument.
Chacun à leur manière, à leur époque et dans leur domaine, ils ont, comme d’autres, façonné le Québec et continuent de préparer celui de demain. Nous leur tirons notre chapeau.
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Éric Sévigny et Louis-Guy Dumais sont en quelque sorte des enfants de Caillou. Eh oui, le célèbre personnage pris à son dessin défendant dans la tourmente du couple Charest-Weinberg a permis la rencontre de ces deux férus de p’tits bonshommes et de bandes dessinées. Entre 1996 et 1998, ils ont travaillé ensemble chez Cinar à la série Caillou pour la télévision, mais aussi à celle d’Arthur, de Ripley’s believe it or not et compagnie. Après avoir quitté l’épave Cinar et vogué chacun de leur côté pendant quelques années, ils ont regroupé leurs forces (et leurs clients respectifs) en 2002 pour fonder Frenetik Studio, qui se spécialise dans la conception et la création de contenu de divertissement pour enfants.
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Ils ont tous deux une solide expérience en création de produits dérivés (cédéroms, livres, séries animées pour la télévision), notamment de l’inévitable Caillou, mais aussi d’Arthur, de Fimbles, de Scooby Doo et des Loony Tunes (Bugs Bunny et ses amis). Leurs clients? Disney, Fisher Price et Mega Bloks. Leur succès a été immédiat et aujourd’hui ils parviennent à peine à s’occuper de leurs projets, comme celui de créer leurs propres personnages. Seul le bouche à oreille leur a permis d’obtenir ces contrats. «On a tellement eu de travail depuis les débuts de l’entreprise qu’on commence à peine à écrire notre plan d’affaires», dit Louis-Guy Dumais, un des fondateurs. Deux ans après la fondation!
Q > Que referiez-vous différemment si vous aviez le choix?
R > Nous aurions misé plus tôt sur nos propres créations, nos propres personnages. Après tout, la créativité est la raison d’être de notre entreprise.
Q > Quels sacrifices avez-vous dû faire pour vous rendre là où vous êtes maintenant?
R > Quitter un emploi très valorisant en animation 3D. Mais avec le succès que connaît Frenetik Studio, j’ai vite retrouvé la satisfaction au travail. Finalement… ce n’est même pas un sacrifice : j’ai changé quatre trente sous pour une piastre!
Q >Comment aimeriez-vous être reconnu dans l’avenir?
R > Pour avoir créé un divertissement qui va marquer une génération d’enfants. On n’y est pas encore, mais on espère créer un jour notre Bugs Bunny ou notre Passe-Partout.
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Au milieu des années 1980, rue Ontario, à Montréal, Jérôme Catelli-Denys transformait la vieille taverne de son oncle en une sorte de berceau de la bière artisanale au Québec. Son projet de microbrasserie, qui visait d’abord la vente de bière dans son propre établissement, puis plus tard à la SAQ, a obligé le gouvernement du Québec à inventer un nouveau type de permis brassicole. Personne au ministère de l’Industrie et du Commerce de l’époque n’avait imaginé qu’on pouvait faire de la bière autrement qu’à la manière de Molson ou de Labatt. «Comme il n’y avait personne pour nous apprendre à faire de la bière artisanale, mon équipe et moi avons travaillé les premières années à nous l’enseigner à nous-mêmes!» dit Jérôme Catelli-Denys.
Depuis sont apparues — avant les célèbres Maudite et Fin du Monde de Robert Charlebois — des bières aux appellations suaves : la Coup de Grisou, L’Archouffe, la Tord-Vis, la Sainte-Paix, la Snoreau. Des noms trouvés lors d’un remue-méninges bien arrosé qui a duré un mois! Hic! Vendus aux Brasseurs RJ, où Jérôme Catelli-Denys occupe le poste de directeur de la production, les produits du Cheval Blanc poursuivent leur propre existence. Il peut ainsi garder un œil sur ses petits chefs-d’œuvre. Le brew pub de la rue Ontario demeure cependant sa propriété.
Q > Si vous n’aviez qu’un conseil à donner à quelqu’un qui voudrait lancer sa propre entreprise, quel serait-il?
R > Je lui dirais que ça ne coûte rien d’être conservateur! Plusieurs jeunes entrepreneurs s’embarquent dans un projet avec un plan d’affaires qui ne tient pas la route parce que trop ambitieux.
Q > Quelle qualité, ou habileté, est la plus importante pour réussir en affaires?
R > Pour la qualité, je dirais le réalisme. Il y a une marge entre le rêve et la lubie. Pour l’habileté, je dirais la créativité. L’imagination est essentielle en affaires.
Q > Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas lancé cette entreprise?
R > Je n’en ai aucune espèce d’idée!