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Entrepreneuriat

Portraits d'entrepreneurs

Leurs parcours, leurs écueils, leurs conseils.

Recherche et rédaction : Jean-Sébastien Marsan
Coordination : Martine Roux
Photos : Patrick Deslandes


Magazine Jobboom
Vol. 5 no. 6 juin 2004


Assam Michel Daoud

Cofondateur
ARIUM vision, Saint-Basile-le-Grand

Son parcours : Il y a deux ans, le jeune homme était salarié, propriétaire depuis peu d’une maison à Brossard et nouveau papa. C’est le moment qu’il a choisi pour lancer une boîte de design avec un associé! Leur CLD a refusé leur projet à deux reprises. En déménageant à Saint-Basile-le-Grand, ils ont pu s’adresser à un autre CLD, plus réceptif. Les deux associés, prestataires de l’assurance-emploi, ont bénéficié du programme Soutien au travail autonome.

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Ses écueils : Entre autres gaffes, Assam Michel Daoud regrette de s’être lancé trop vite. «On avait vu une occasion d’affaires, on s’est tout de suite mis à travailler à un contrat, mais on a omis de chercher de l’aide financière et technique. On a découvert par la suite qu’on y avait droit, mais puisqu’on avait déjà commencé le travail, on n’était plus admissibles!»

Son conseil : Lors de la recherche de financement, mieux vaut transiger avec banques et prêteurs par écrit plutôt que par téléphone, selon lui. «Quand on demande des conseils à quelqu’un, on le demande par écrit et il faut recevoir une réponse par écrit.» On évite ainsi de mauvaises surprises.

Ce qui l’aide à ramer : Le contact avec d’autres entrepreneurs. «Quand nous avions des difficultés avec notre projet d’entreprise au début, je devenais tellement frustré. À la Jeune Chambre de commerce, j’ai rencontré des entrepreneurs qui sont passés par là et qui m’ont donné des conseils.»

Karine Paradis

fondatrice et propriétaire
Boutique V-Low, Montréal

Son parcours : En 1999, cette fan de la bicyclette lowrider (siège «banane» et guidon à la Easy Rider) ne trouvait pas à Montréal de boutique où s’approvisionner. «J’ai décidé de combler mon propre besoin. Je sentais que j’étais la Jeanne d’Arc pour créer ce marché-là!» Elle a suivi une formation aux Cercles d’emprunts de Montréal, obtenu une bourse de la Fondation du maire de Montréal pour la jeunesse, du financement du programme Jeunes Promoteurs et elle a gagné un concours d’entrepreneuriat des Services d’aide aux jeunes entrepreneurs.

Ses écueils : Elle a ouvert sa boutique en février 2000 avec deux associés. Ils ont quitté l’entreprise dans l’année qui a suivi. Depuis quatre ans, Karine Paradis bosse sans salaire ni employés. Ironie du sort, elle n’a pas le physique d’une patronne. «Je mesure cinq pieds trois pouces, j’ai 29 ans, mais je semble en avoir 18, et je travaille dans un domaine de gars. Souvent, des gens entrent dans la boutique et demandent de voir le patron.»

Son conseil : Elle suggère aux entrepreneurs en puissance de soigner leur plan d’affaires. «Il faut s’informer de chaque détail et prendre son temps. J’avais bien structuré mon plan et aujourd’hui j’ai atteint mes objectifs, j’ai triplé mon chiffre d’affaires depuis la première année.»

Ce qui l’aide à ramer : «Les bons commentaires de mes clients, souvent des jeunes de 12 à 15 ans. À la boutique, ils se confient beaucoup à moi. Souvent, ils n’ont plus d’espoir, ils sont vraiment mêlés, confus. Je vends des bicyclettes, mais je me sens comme la marraine de tous ces jeunes-là.»

Catherine Dupuis et Éric Chagnon

Cofondateurs
Laboratoires Mauves, Vaudreuil

Leur parcours : Catherine Dupuis et son conjoint Éric Chagnon ont consacré six mois de leur vie, à raison de 60 heures par semaine et sans revenus, au plan d’affaires de leur entreprise, spécialisée dans les produits naturels. La recherche de financement a été couronnée de succès. Leurs premières ventes remontent à février 2003.

Leurs écueils : «Comme toutes les entreprises qui débutent, on a eu des problèmes de fonds de roulement, explique Catherine Dupuis. Pendant plus d’un an, l’entrée des ventes payait les salaires de la semaine suivante, on a vécu sans filet de sécurité.» En avril dernier, l’entreprise comptait une quinzaine d’employés.

Leur conseil : «Ça prend une certaine expérience de travail pour devenir entrepreneur. Quelqu’un qui n’a jamais travaillé de sa vie sera confronté à des difficultés au quotidien qu’il ne pourra même pas concevoir. Et il faut gérer des trucs “plates” à mourir parce qu’on fait tout soi-même, on n’a pas toujours les moyens d’embaucher quelqu’un pour faire les choses qu’on n’aime pas.»

Ce qui les aide à ramer : L’engagement social. «Quinze pour cent des bénéfices des Laboratoires Mauves sont placés dans un fonds dédié au financement de projets de développement durable. On a fondé une coopérative d’agriculture dans la jungle amazonienne au Pérou. Je suis aussi impliquée dans la prévention des toxicomanies. C’est la finalité de la compagnie.»

Sébastien Provost et Dominique Bourgeois

coiffeurs et propriétaires
Organik beauté et mieux-être, Montréal

Leur parcours : Au début de 2003, quatre coiffeurs et une électrolyste ont claqué la porte d’un salon de coiffure montréalais pour fonder le salon Organik. Installés dans une ancienne caisse populaire de la rue Laurier, les cinq associés ont réuni leurs économies et ont foncé tête baissée, sans expérience de l’entrepreneuriat ni plan d’affaires. Organik compte aujourd’hui 19 employés (incluant les associés-propriétaires). Pour transformer la caisse pop en salon, ils ont jeté des murs à terre, défoncé des planchers et des plafonds. «Quand j’y repense, c’était débile mental», déclare Sébastien Provost.

Leurs écueils : «L’argent! lance Dominique Bourgeois. On a dû loader nos cartes et nos marges de crédit.» L’entreprise n’a demandé aucun financement. Au cours des premiers mois d’exploitation, «la moitié des salaires des associés servait à payer des factures, des dettes», précise Dominique. Un an après son ouverture, le salon n’était pas encore rentable. La clientèle ne manque pas, cependant. Organik bénéficie de l’achalandage de la station de métro Laurier (à côté) et des trois guichets automatiques du local voisin, qui ont survécu à la fermeture de la Caisse populaire.

Leur conseil : «Si je pouvais retourner en arrière, je prendrais six mois pour me préparer, affirme Dominique Bourgeois. On s’est lancés très vite.» Les cinq partenaires se sont offert les services d’un coach pour préciser leur projet et les responsabilités de chacun.

Ce qui les aide à ramer : «Le fait qu’on soit cinq associés et qu’on tienne beaucoup à rester ensemble», souligne Sébastien.


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