Ça y est, vous vous lancez en affaires. Devriez-vous quitter votre emploi tout de suite? Trois experts vous conseillent.

Tout entrepreneur vous le dira : en affaires, les premiers mois sont difficiles financièrement. Il vaut donc mieux s’assurer que notre projet est rentable avant de quitter notre emploi et ses chèques de paie réguliers.
La meilleure solution? «Travaillez à votre projet les soirs et les fins de semaine. Ne démissionnez de votre emploi salarié que s’il vous empêche d’accepter tous les contrats qu’on vous offre», dit Nancy Mercier, conseillère en démarrage d’entreprise au Carrefour Jeunesse Emploi Centre-Sud/Plateau Mont-Royal/Mile-End.
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C’est aussi le moment rêvé pour assainir vos finances. Vous devez prévoir suffisamment d’économies pour assurer vos dépenses personnelles et professionnelles pendant trois mois, sans aucune autre entrée de fonds, dit Michel Fortin, directeur général du Service d’aide aux jeunes entrepreneurs (SAJE) Montréal Métro. «Payez vos comptes ou profitez-en pour obtenir une marge de crédit. On vous l’accordera plus difficilement lorsque vous n’aurez plus de revenus fixes», précise-t-il.
Avant que ça parte en grand, restez discret au sujet de vos ambitions entrepreneuriales auprès de vos collègues et patrons, ajoute-t-elle. En effet, le boss risque de s’offusquer s’il entend que vous pensez quitter l’entreprise – surtout s’il l’apprend de quelqu’un d’autre! Cela dit, ne tardez pas trop à afficher vos couleurs «si votre compagnie vise exactement la même clientèle que celle de votre employeur», conseille Michel Fortin. Ainsi, vous éviterez les conflits d’intérêts, réels ou apparents!
Bref, il faut être prudent mais… pas trop! «Les heures que vous passez à votre boulot sont autant d’heures volées à la mise sur pied de votre entreprise. C’est comme au baseball : c’est impossible de voler le deuxième but si on garde toujours son pied sur le premier», conclut Patrice Gagnon.