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Plus besoin d’être une multinationale pour sous-traiter sa production dans les pays émergents. De petits entrepreneurs québécois, voire des étudiants, sollicitent les services d’adjoints étrangers au moyen d’Internet à des coûts ridiculement bas.

Marc Dagenais, 34 ans, a la bosse des affaires virtuelles. Au début des années 2000, ce professeur d’éducation physique au collégial crée softballperformance.com, un site de conseils pour joueurs de softball. En 2006, l’entreprise devient sa principale source de revenus. «J’ai alors commencé à solliciter l’aide d’assistants virtuels étrangers spécialisés en programmation Web et en rédaction, raconte-t-il. À mesure que j’ai développé de nouveaux projets, je leur ai confié de plus en plus de responsabilités.»
Marc Dagenais n’est pas le seul individu à avoir recours aux services d’adjoints indiens, pakistanais ou philippins. Aux États-Unis, des gourous comme John Jonas, créateur du site replacemyself.com, et Timothy Ferriss, auteur du livre à succès La semaine de 4 heures, gagnent leur vie en conseillant aux petits entrepreneurs de délocaliser une partie de leurs activités dans les pays émergents.
Au Québec toutefois, la pratique serait encore marginale. «Pour l’instant, il est impossible de quantifier ce phénomène, admet Benoît Aubert, professeur en gouvernance et technologie de l’information à HEC Montréal. C’est une pratique individuelle et on ne peut pas vraiment identifier ceux qui y ont recours.»
Mais ce secret bien gardé pourrait gagner des initiés tant ces assistants sont faciles à trouver. Ils peuvent être des salariés d’entreprises étrangères qui offrent leurs services sur le Web, ou encore des travailleurs autonomes recrutés grâce à des sites locaux, comme outsource-2-mauritius.com, ou internationaux, tels scriptlance.com ou elance.com.
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De plus, ils peuvent exécuter des tâches complexes comme de la programmation, du graphisme, de la maintenance de sites Internet ou de la rédaction, et ce, à très faible coût (voir encadré). «Je sollicite les services de 11 travailleurs autonomes à temps plein et de 4 à temps partiel, énumère Marc Dagenais. Si j’embauchais des Québécois, je ne pourrais me payer qu’un employé et demi.»
Outre l’argent, le temps épargné compte aussi. Le démarrage d’une entreprise Web, par exemple, peut être très demandant. Il faut programmer le site, maintenir son contenu à jour, assurer le service à la clientèle et développer de nouveaux projets. Avoir une équipe complète pour le prix d’un travailleur allège cette tâche imposante.
Au moment d’écrire ces lignes, Frédéric Joanis et son associé se préparent à lancer shoppingfriends.ca, un site de magasinage social qui permet aux consommateurs de discuter de leurs achats et d’échanger des conseils. En même temps, ils en sont à la dernière année de leur baccalauréat en génie informatique. «Nous n’aurions pas été physiquement capables de faire tout ça sans la sous-traitance», reconnaît-il.
La délocalisation permet aussi de gérer la croissance d’une PME qui se développe mieux que prévu, comme c’est le cas de sos-livres.com, une maison d’édition virtuelle. «Nous étions de plus en plus sollicités, se souvient Gabriel Gascon, copropriétaire de l’entreprise. Lorsque nous avons commencé à recevoir une quarantaine de courriels par jour, nous avons constaté que nous aurions besoin d’aide. Nous avons donc fait appel aux services de rédacteurs et de graphistes à l’île Maurice et aux Philippines.»
La qualité est-elle au rendez-vous? «Étonnamment oui, répond Gabriel Gascon. Évidemment, on parle d’individus avec leurs forces et leurs faiblesses. Lorsqu’on cherche un travailleur autonome, il faut prendre le temps de faire une sélection rigoureuse pour choisir le meilleur candidat. Quand on sollicite les services d’une entreprise toutefois, il faut prévoir des corrections, car on ne choisit pas les employés qui travaillent sur nos projets.»