Je suis infirmière et je dois passer une entrevue pour une agence privée de soins. On m’informe que l’entrevue de sélection sera filmée. Est-ce légal?
Par Geneviève Dubé
Photo : Patrick Deslandes


La Commission d’accès à l’information indique que c’est la Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé qui encadre cette pratique. On considère l’entrevue filmée comme une cueillette de renseignements personnels et l’employeur a le droit d’agir de la sorte à condition que ce soit nécessaire. Si vous êtes d’avis qu’être filmé en entrevue n’est pas nécessaire pour évaluer vos aptitudes à occuper l’emploi, vous pouvez porter plainte auprès de la Commission d’accès à l’information, qui jugera si cela était justifié ou non. Mais la Commission n’a encore jamais rendu de décision pour des cas similaires.
La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), de son côté, juge qu’il est excessif de demander à des candidats de se plier à l’exercice d’une entrevue filmée. Elle estime que cette pratique ajoute un stress à une situation déjà très énervante. Devant une caméra, on peut parfois se sentir moins à l’aise que dans un simple face-à-face avec des recruteurs. De plus, on n’a pas de garantie absolue quant à l’utilisation qui sera faite de ces images. Par contre, la CDPDJ reconnaît qu’aucune loi n’interdit à un employeur de filmer un candidat en entrevue.
Renseignez-vous clairement sur l’usage qui sera fait de ces images. L’entrevue filmée ne devrait en principe servir qu’à évaluer vos compétences en regard du poste convoité. Elle doit permettre aux recruteurs de mieux sélectionner son personnel. Par exemple, si l’agence hésite entre deux candidats en fin de processus de recrutement, elle pourrait revoir les deux entrevues, revenir sur certaines réponses obtenues pour faire le meilleur choix.
En contrepartie, si l’entrevue filmée est destinée aux employeurs afin qu’ils choisissent les candidats en fonction de leur apparence, de leur sexe ou de leur race par exemple, ce serait un cas de discrimination potentiellement contestable. Si votre candidature est écartée et que vous croyez que cela est directement lié à un motif de discrimination nommé dans la Charte des droits et libertés de la personne, vous pouvez porter plainte auprès de la CDPDJ.
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