Guide de survie

Jusqu’où aller pour bien paraître?


Vouloir exceller en entrevue, ça va de soi. Mais exagérer pourrait toutefois vous nuire. Des experts vous aident à trouver le juste milieu.


Par Julie Leduc



Dans un contexte d’entrevue, c’est normal de vouloir laisser une bonne image de soi, souligne Éveline Marcil-Denault, psychologue industrielle et auteure du livre Du CV à l’embauche (Les éditions Quebecor, 2005). C’est même payant. «Les efforts qu’un candidat fait pour se présenter comme un employé consciencieux, fiable et assidu rapportent. Plusieurs études démontrent que cela augmente la probabilité d’obtenir un bon score à son entrevue de sélection, comparativement à quelqu’un qui fait moins d’efforts.»

L’image que le candidat projette a une influence sur le recruteur, reconnaît aussi Sylvie Lepage, conseillère en ressources humaines et présidente de la firme Innovation RH. «C’est sûr qu’il faut faire attention à sa présentation physique, à sa posture et à son langage, dit-elle. Répondez de façon professionnelle et respectueuse. Mais vos réponses doivent être vraies. Ne jouez pas un rôle en entrevue. Restez transparent et répondez en toute honnêteté.»

Nathalie Bertrand, conseillère en gestion des talents, aide les dirigeants d’entreprise à sélectionner et encadrer leur personnel. «Il faut miser sur l’authenticité, dit-elle. Vous devriez considérer l’entrevue de sélection comme une rencontre pour voir si ça clique.» Car il y a un piège à trop vouloir plaire. Pour être authentique, vous devrez vous dévoiler. «Si on vous pose une question sur votre façon de gérer une équipe, expliquez votre vision des choses pour démontrer qui vous êtes, ajoute Mme Bertrand. Avec vos réponses, vous créez une attente. Et si vous obtenez le poste, il faudra faire ce que vous avez annoncé en entrevue. Autant dire des choses auxquelles vous croyez.»

La clé : bien se préparer

Les trois personnes interrogées soulignent qu’un candidat qui a bien ciblé ses besoins se présentera pour des postes qui correspondent déjà à ses espoirs et évitera les questions surprises.

L’employeur définit clairement les profils recherchés; le candidat, lui, doit définir précisément ce qu’il veut comme emploi, comme horaire, comme responsabilités, comme conditions de travail, comme style de patron, etc. Toutes ces données vont guider sa recherche. «Je trouve toujours bizarre de voir des gens venir magasiner un emploi en entrevue, dit Éveline Marcil-Denault. Ce n’est pas le moment de faire ça! Avant de vous présenter en entrevue, utilisez toutes vos sources : Internet, réseaux sociaux, amis, pour vérifier comment ça se passe dans cette organisation, quelle est sa culture d’entreprise, quelles sont les conditions de travail, etc. Pour voir si ça colle à vos priorités.»

Grâce à cette préparation, vous éviterez de vous retrouver dans une situation embarrassante. Par exemple, si vous baragouinez trois mots d’anglais, ne vous présentez pas en entrevue pour un poste qui exige le bilinguisme, car vous serez questionné en anglais! Même chose si vous voulez un horaire limité à 35 heures par semaine pour la conciliation travail-famille : ne sollicitez pas un emploi très prenant où les heures supplémentaires sont monnaie courante.

Laisser l’employeur mener son entrevue

«Un candidat bien préparé et informé qui sent que le poste pourrait lui convenir n’a pas mille questions à poser, estime Éveline Marcil-Denault. L’idéal, c’est de laisser le recruteur mener son entrevue.»

Toutefois, si à la fin de l’entretien il vous manque encore des éléments pour valider votre intérêt pour le poste, n’hésitez pas à vous renseigner. «Je suggère cependant de demander à l’employeur combien de temps il reste à l’entrevue, dit Sylvie Lepage. S’il vous dit 10 minutes, n’en prenez pas 20!»

Une question de personnalité

Les recruteurs savent qu’aucun candidat ne maîtrise à la perfection toutes les compétences exigées pour le poste. «Et quand on en met trop pour se présenter comme ce super employé, ça laisse les recruteurs perplexes, note Mme Lepage. Ça donne l’impression que l’on ment quelque part. À compétences égales, ce qui fera qu’un candidat plutôt qu’un autre sera retenu, c’est une question de chimie, ajoute la conseillère. Pour permettre à l’employeur d’évaluer si le courant passe, il faut montrer sa personnalité en étant naturel.»

«Il n’y a pas de bons et de mauvais employeurs ni de bons et de mauvais candidats : il y a ceux qui vont ensemble, soutient Nathalie Bertrand. Et pour le savoir, il faut se donner mutuellement accès à ce qu’on pense, à ce qui nous préoccupe, à ce qui est important pour nous. Souvent, les employeurs recherchent une énergie particulière. Ce critère ne se décrit pas sur papier, ça se vit en entrevue», conclut-elle.

En résumé

L’entrevue : 5 règles d’or

1. Déterminez ce que vous recherchez, avant l’entretien

Que voulez-vous? Pensez à l’horaire de travail, au niveau de responsabilité, aux conditions de travail, au style de patron qui vous convient, etc.

2. Renseignez-vous sur l’entreprise

Avant de vous rendre à l’entrevue, faites une recherche sur Internet et quelques appels. Cela vous permettra de déterminer si vos espoirs concordent avec la culture de l’entreprise.

3. Soyez honnête au sujet de vos compétences

Si vous affirmez que vous parlez anglais, le recruteur risque fort de vous tester!

4. Soyez naturel

L’employeur veut savoir à qui il a affaire. Ne créez pas une attente que vous ne pourrez satisfaire une fois en emploi.

5. Posez des questions au besoin

Mais sans monopoliser le terrain : vous êtes l’invité à cette entrevue, pas l’hôte!





Qu’est-ce qui vous manque le plus au travail?










Résultats



Québec

37,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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