Dès que Carole devient le centre d’attention, elle perd tous ses moyens. Sa mâchoire se crispe, ses pensées deviennent confuses et les mots ne se rendent plus jusqu’à sa bouche. Carole a peur d’avoir peur. Elle évite donc, autant que possible, de prendre la parole devant les autres. Le hic? Carole a perdu son emploi et elle doit maintenant passer des entrevues de sélection...
Le cas de Carole n’est pas unique. En effet, la plupart des gens réagissent ainsi lorsqu’ils se sentent jugés par les autres. Or, les entrevues d’embauche pourraient bien constituer une bonne façon d’apprendre à composer avec le stress. Pour y arriver, voyons quelques trucs utilisés par les comédiens, qui sont souvent experts pour maîtriser leur trac.
1. Respirez!
Avant et pendant l’entrevue, contrôlez discrètement votre respiration : inspirez par le nez plutôt que par la bouche et faites descendre l’air jusqu’au ventre. Quand on remplace une respiration courte et saccadée par une respiration lente et profonde, le cerveau croit qu’il n’y a plus de menace. Il arrête donc de sécréter l’hormone du stress.
2. Concentrez-vous.
Pendant l’entretien, centrez votre attention sur les questions posées plutôt que sur votre peur d’échouer. Dans les coulisses, quelques instants avant de brûler les planches, bien des comédiens se placent dans un état quasi hypnotique. Ils focalisent leur attention sur leur première réplique, sur une image mentale apaisante ou encore sur un objet ou une région de leur corps. Par exemple, certains frictionnent un point précis de la paume de leur main. Un bon truc à utiliser dans l’autobus ou dans la salle d’attente, juste avant l’entretien.
3. Rappelez-vous que l’erreur est humaine.
En entrevue, il est normal d’hésiter à l’occasion, d’avoir besoin de réentendre une question et d’être un peu crispé. Cela prouve que l’on accorde de l’importance à l’entrevue, ce que les interviewers apprécient. Les humoristes vivent la même chose quand ils ont un trou de mémoire en plein milieu d’un monologue. Ce n’est pas la fin du monde : une fois qu’on a pris tous les moyens pour maîtriser notre trac, il faut aussi savoir lâcher prise et admettre, en toute humilité, qu’on est nerveux et que ça va nécessairement paraître un peu!
La psychologue organisationnelle Éveline Marcil-Denault, M.Ps., est l'auteure du livre Du CV à l’embauche (Ed. Quebecor, 2005).