L’entrevue d’embauche sert, avant tout, à déterminer quel candidat saura le mieux relever les défis liés au poste à pourvoir. Pour le savoir, le recruteur posera des questions sur vos expériences de travail passées. Il pourrait aussi vous proposer des mises en situation. Son raisonnement : si vous arrivez à résoudre un problème de façon théorique, vous pourrez sans doute le faire dans la vraie vie.
Une fois que vous avez établi votre compétence, le recruteur cherchera à connaître votre personnalité. Voici trois points qu’il désire éclaircir :
1. Cette personne saura-t-elle faire sa place dans l’entreprise?
Imaginons qu’un excellent informaticien postule un emploi dans une grande entreprise où les échéanciers sont serrés et les rapports hiérarchiques, très formels. Cette personne ne sera heureuse en poste que si elle sait gérer son stress et si elle accepte facilement l’autorité de ses supérieurs. En s’intéressant à la personnalité, aux intérêts et aux valeurs du candidat, le recruteur s’assure de choisir un travailleur qui sera à l’aise dans l’entreprise. Cela réduit le roulement de personnel, et donc fait économiser temps et argent à l’entreprise. Pour tenter d’évaluer votre résistance au stress, par exemple, on pourrait vous demander de raconter une situation où vous vous êtes senti impuissant devant une date de livraison impossible à respecter. Dans un tel cas, prenez soin d’expliquer ce que vous avez appris de cette expérience.
2. Cette personne a-t-elle des «squelettes dans son placard»?
Comme un juge ou un policier, le recruteur cherche à évaluer la crédibilité et la fiabilité de la personne qu’il interroge. Un candidat confus, qui parle beaucoup mais sans fil conducteur, fera sans doute mauvaise impression. Même chose si son discours manque de détails ou s’il est truffé de contradictions. C’est pourquoi on pourrait vous demander, par exemple, de donner plus de précisions sur vos tâches lors d’un emploi précédent, ou pourquoi votre CV ne fait pas mention de tel ou tel mandat important que vous affirmez avoir mené.
3. Ai-je envie de travailler avec cette personne?
À la base, les recruteurs cherchent à prendre une décision objective. Mais comme ils sont humains, ils sont souvent influencés par l’impression générale que laisse chaque candidat. Cette personne est-elle agréable? Polie? Passionnée? Le non-verbal compte pour beaucoup dans cette évaluation, mais certaines questions y sont aussi liées : «Comment vos proches vous décrivent-ils?» «Quels commentaires recevez-vous de vos patrons?» Pour vous préparer à cette partie de l’entrevue, demandez à l’avance l’avis de vos collègues et amis.
La psychologue organisationnelle Éveline Marcil-Denault, M.Ps., est l'auteure du livre Du CV à l’embauche (Ed. Quebecor, 2005).