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Maniaques au travail

Le nécrophage


Pour faire avancer sa carrière, on peut travailler fort, développer ses compétences et s’investir dans son travail. Mais on peut aussi se consacrer à la démolition des autres. Bienvenue dans l’univers du nécrophage.


par Bernard Demers, psychologue-conseil





L’hyène, le vautour, le rat mangent les restes de cadavres laissés par les grands prédateurs. Ce sont des nécrophages. Alors, quand j’utilise le même mot pour désigner un employé dans une organisation, vous avez une bonne idée du personnage! Rien à voir avec le nécrophile, qui se contente de cultiver les idées noires (le pire qu’il puisse vous arriver avec celui-là, c’est d’attraper sa manie). Avec le nécrophage, ce qui vous guette, c’est de finir sous ses crocs. Comme il faut bien qu’il se nourrisse, il cherche régulièrement de nouvelles victimes… qu’il ne tue presque jamais lui-même.

Le vautour dénonciateur

Comme le vautour qui tourne au-dessus d’un animal malade pour avertir les prédateurs, le nécrophage repère les personnes plus faibles et les désigne aux gens en position de pouvoir. Par exemple, une personne ébranlée par une séparation, momentanément moins performante, peut brusquement être montrée du doigt et se voir attribuer les récentes difficultés du service. Tout le monde se lave alors les mains du problème, car il y a une solution toute trouvée : se débarrasser du coupable désigné. En pareille situation, il est facile d’identifier un nécrophage; c’est celui qui pointe le bouc émissaire.

Le propre du nécrophage est de se ranger du côté des plus forts. Ce faisant, il fait croire qu’il compte dans l’organisation. C’est ainsi qu’il devient important.

Une maladie organisationnelle

Le fait qu’un ou plusieurs nécrophages puissent subsister dans une organisation montre que celle-ci souffre d’une maladie plus grave, soit la présence de prédateurs, c’est-à-dire de patrons paresseux qui se pensent efficaces en éliminant des employés. Devant des difficultés, il est en effet beaucoup plus facile de désigner un responsable et de s’en débarrasser que d’essayer de comprendre d’où viennent les problèmes. Il arrive même que le prédateur élimine l’employé qui apportait la solution, parce qu’admettre qu’on a besoin d’une solution, c’est admettre qu’on a un problème. Et le nécrophage travaille avec enthousiasme à créer de telles confusions. C’est comme ça qu’il fait avancer sa carrière.

Si vous avez un ou des nécrophages dans votre milieu de travail, évitez de leur faire part de toute faiblesse chez vous. N’exprimez jamais de doute ou de crainte et soyez toujours affirmatif dans vos propos. En même temps, cherchez-vous un autre travail, car qui dit nécrophage dit prédateur. À moins de devenir l’un d’eux, vous ne pourrez jamais être vous-même dans cette jungle-là.


Vous connaissez d’autres manies dans le monde du travail? N’hésitez pas à m’écrire pour me les raconter, à bdemers@psychologue-conseil.com. Si on s’y met, on réussira peut-être à faire admettre un jour que certains comportements, au travail, dérangent tout le monde alors que l’on voudrait bien travailler en paix.






Avez-vous déjà consommé de la drogue pendant vos heures de travail?








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