«Toute une journée!» disait-elle chaque jour à 17 h en se tapotant les cheveux devant le miroir avant de partir chez elle… probablement pour épuiser sa famille.
Elle n’avait pourtant rien fait de particulier, ni ce jour-là ni un autre. Elle avait bourdonné à travers le bureau comme une guêpe en folie, elle avait eu de la broue dans le toupet, elle avait commenté à haute voix la plupart de ses actions comme pour mieux les dénombrer et nous montrer que c’est elle qui faisait tout; mais elle n’avait à peu près rien produit.
Il y a des tâches simples qui reviennent régulièrement. Chaque année, début décembre, il faut préparer l’envoi de plus de trois cents cartes de «bonne année» que le patron va signer une à une en y ajoutant parfois un commentaire personnel du genre : «Vas-tu enfin améliorer ton golf l’an prochain?» Pour ça, il a besoin d’avoir la liste des destinataires et d’avoir des enveloppes-réponses. Normalement, vous vous installez à l’ordi, vous ouvrez le dossier d’envoi massif de bons vœux, vous appuyez sur impression et vous sortez la liste. Puis, vous remplacez le papier par les feuilles d’autocollants, vous appuyez encore sur impression et vous avez les adresses pour les enveloppes. Coller trois cents adresses sur autant d’enveloppes vous prend encore une grosse heure puis, bingo, c’est fini.
Vous voulez survivre à une épuisante épuisée? Dites-vous que vous avez droit à un spectacle permanent et gratuit de Louis-José Houde… ou mettez-vous à la méditation.
Vous connaissez d’autres manies dans le monde du travail? N’hésitez pas à m’écrire pour me les raconter, à bdemers@psychologue-conseil.com. Si on s’y met, on réussira peut-être à faire admettre un jour que certains comportements, au travail, dérangent tout le monde alors que l’on voudrait bien travailler en paix.