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Guide de survie - Recherche d'emploi

Job Story (suite)



Surprises hivernales
À la fin de décembre, Marie-Claude broie du noir. Une amie secourable l’informe qu’un poste est ouvert au siège social des Ailes de la mode, à Brossard. Marie-Claude dépose sa candidature et, coup de théâtre, elle obtient l’emploi!

Elle occupe donc depuis un poste d’adjointe aux achats, spécifiquement pour les cosmétiques. Quarante heures par semaine du lundi au vendredi, chouette ambiance de travail, collègues sympathiques. «Ça correspond à ce que je voulais, se réjouit-elle. J’ai l’intention de rester ici longtemps.»

Que serait-il arrivé si son amie ne l’avait pas informée de ce poste? «J’aurais continué à chercher, parce que je ne voulais pas passer ma vie à la maison. Mais je n’étais plus motivée», avouait-elle, à la fin de mars dernier.

Lentement, mais sûrement
De son côté, Martin a terminé sa formation universitaire en décembre 2005. Toujours employé à temps plein chez Purolator Courrier, il reprend en début d’année ses démarches pour obtenir un poste en santé-sécurité du travail.

Cette fois, il structure ses démarches. «J’ai maintenant plus de temps, il s’agit de bien l’utiliser.» À la fin de mars, il avait rencontré un chasseur de têtes et contacté des professionnels des ressources humaines. Il se documentait sur les entreprises avant d’envoyer son CV et planifiait des entrevues exploratoires. «Si je n’ai pas trouvé un emploi cet été, je vais quitter mon poste chez Purolator pour chercher à temps plein.» Promis, juré!


Des spécialistes de l’emploi se prononcent
Ils auraient dû...
propos recueillis par Jean-Sébastien Marsan

Nathalie Martin, conseillère d’orientation, présidente de la firme de service-conseil en gestion de carrière Enjeux Carrière (Montréal).
• «Quand on envoie un CV en ligne, il peut y avoir 300 personnes qui envoient aussi leur CV pour le même poste. Il faut tenter de parler à quelqu’un au service des ressources humaines, même si ce n’est que cinq minutes; un recruteur pourra mettre une voix ou un visage sur notre CV.»

• «Marie-Claude Pellerin aurait pu appeler les entreprises deux semaines après une entrevue pour faire un suivi. On peut demander à un employeur pourquoi notre candidature n’est pas retenue. Il peut nous donner de l’information précieuse, nous dire si on fait bien valoir nos compétences.»

• «Sur le plan de la gestion du temps, Martin Rondeau aurait pu joindre des employeurs dès 8 h du matin, compte tenu de son horaire de travail l’après-midi. S’il avait fait deux téléphones par jour à des employeurs, à la fin d’une semaine il aurait parlé à dix employeurs.»

• «Chez Purolator, est-ce qu’il y a des postes en santé-sécurité du travail? Martin aurait pu le demander au service des ressources humaines et en profiter pour se faire connaître.»

Pierre Charbonneau, conseiller en transition et gestion de carrière et associé au bureau montréalais de Raymond Chabot, Ressources humaines (Montréal).
• «La recherche d’emploi de Martin Rondeau est peu planifiée. Ce n’est pas une mauvaise idée de la “mettre sur la glace” si son objectif est de reprendre sa recherche d’emploi d’une façon structurée.»

• «Martin est quelqu’un qui remet beaucoup de choses à plus tard. Quand on a une idée, il faut l’écrire et passer à l’action assez rapidement.»

• «Au début, Marie-Claude Pellerin est assez passive : elle répond à des offres dans Internet, sans faire de suivi.»

• «Que Marie-Claude prenne des vacances en famille, c’est une bonne idée. Pendant les vacances de la construction, il y a beaucoup moins d’activité, le timing est excellent. Mais Martin part en vacances à la mauvaise période, à la fin du mois de septembre. C’est la rentrée, un moment où les entreprises sont très actives et vont recruter.»

«L’enveloppe rose du CV de Marie-Claude n’ajoute pas beaucoup de valeur. Les services de ressources humaines veulent voir le contenu plutôt que le contenant.»

Nos deux chercheurs d’emploi ne se sont pas adressés à des professionnels pour obtenir de l’aide. «Dans les centres locaux d’emploi, gérés par Emploi-Québec, il y a des ressources disponibles pour une démarche structurée. Les prestataires de l’assurance-emploi ont droit à des services et il n’y a pas de frais.»

Jacques Lamarre, psychologue du travail et des organisations, directeur général de Jacques Lamarre + Associés (Montréal).
«Marie-Claude est beaucoup plus motivée que Martin parce qu’elle n’a pas de travail. Dans le cas de Martin, il a moins de temps et d’énergie pour la recherche d’emploi puisqu’il doit faire des heures supplémentaires pour payer son chalet. Il s’est créé une double contrainte avec ce chalet. Il retire aussi du plaisir de son emploi de formateur. La motivation au changement est donc moins grande.»

«Marie-Claude fait sa recherche d’emploi seule. Ce que je recommande, dans une situation comme celle-là, c’est un coach dans un organisme sans but lucratif, un club de recherche d’emploi par exemple. Il faut qu’elle se trouve quelqu’un qui va l’aider à prendre ses distances par rapport à ses pensées négatives.»

«Marie-Claude se traite durement lorsqu’elle n’obtient pas le résultat escompté. Il faut qu’elle fasse attention à son estime de soi. La mentalité qu’elle devrait avoir est : “Je vais prendre les moyens pour obtenir des résultats, mais je ne suis pas responsable des résultats.” Les résultats d’une recherche d’emploi peuvent dépendre d’une série de facteurs sur lesquels nous n’avons pas de pouvoir.»






Avez-vous déjà consommé de la drogue pendant vos heures de travail?








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