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L’Afrique accueille chaque année des centaines de coopérants et d’experts-conseils. Le succès de leurs interventions est grandement lié à la qualité des relations humaines qu’ils sauront développer avec les populations locales.

Au Burkina Faso, pays francophone d’Afrique de l’Ouest, des liens solides unissent depuis bientôt 40 ans les leaders du Réseau des caisses populaires du Burkina (RCPB) aux experts en microfinance de Développement international Desjardins (DID). Quelques conseillers de DID en affectation à long terme dans ce pays partagent quelques-unes de leurs impressions.
« À notre arrivée, on perd nos principaux repères, tant personnels que professionnels. L’expertise et la collaboration des Burkinabè me sont donc très précieuses », souligne François Bussières, agroéconomiste chez DID et en affectation pendant deux ans à Bobo-Dioulasso pour appuyer la mise en place d’un Centre financier aux entrepreneurs agricoles par le RCPB. Il n’hésite pas à qualifier les Burkinabè de personnes « ouvertes à recevoir et à donner, compétentes et débrouillardes ».
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Ailleurs, les schèmes de pensée sont souvent différents de ceux des Nord Américains : « Nous sommes très organisés et calculés, tandis qu’au Burkina Faso, on fonctionne par cycle », témoigne Claude Martel, en poste dans la capitale, Ouagadougou, afin de collaborer au renforcement des pratiques au sein de la Confédération des institutions financières d’Afrique de l’Ouest. L’observation, la compréhension et le respect de cette différence contribue à une meilleure acceptation des personnes et des défis rencontrés lors d’une mission « sur le terrain », dont les objectifs sont parfois élevés et le délai pour les accomplir, court.
La différence culturelle peut aussi être bénéfique au développement des organisations qui collaborent, comme en témoigne M. Martel. « Malgré nos différences, il faut parfois savoir être franc avec nos partenaires, aborder les problèmes avec lucidité et analyser avec eux les conséquences de certains gestes, et cela, même si des personnes sont concernées et que les Burkinabè ont le réflexe d’être solidaires entre eux. Le bien des coopératives financières que nous appuyons peut parfois dépendre de décisions de gestion difficiles à prendre. »
Pour les professionnels qui réalisent un mandat à l’étranger, la diversité des tâches est décuplée. « On doit être polyvalent, car on est appelés à travailler à plusieurs niveaux, tant stratégiques que logistiques. Cela permet à la fois d’utiliser notre plein potentiel et de développer de nouvelles compétences », rapporte M. Bussières.
À ceux qui souhaitent vivre une expérience de travail au Burkina Faso, ces experts canadiens suggèrent de toujours se rappeler que personne ne détient la vérité et que la collaboration, et le partage des connaissances et des idées, constituent la meilleure façon de garantir un « développement durable » au sein des communautés auxquelles le projet désire bénéficier. Enfin, au Burkina Faso comme au Québec, l’humour est toujours le bienvenu!