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Pour établir notre valeur réelle et éviter l’embarras de demandes salariales irréalistes, voire farfelues, quelques études spécialisées sur les salaires valent le détour. C’est le cas de l’Enquête sur la rémunération globale de l’Institut de la statistique du Québec (lire l’encadré). Ce document, rafraîchi chaque année, mesure 90 professions, métiers ou postes selon différentes variables, comme le niveau de compétence ou de responsabilité, le degré d’autonomie, l’expérience ou le type d’employeurs.
Par ailleurs, une analyse des offres d’emploi dans Internet et les journaux peut donner un aperçu de l’échelle salariale liée à un poste particulier. Toutefois, cet indicateur n’est pas des plus précis. «Il faut se méfier des annonces où c’est écrit “Jusqu’à... [tel salaire]” pour encourager les gens à postuler», avertit Richard Saucier, président de la firme de consultants en rémunération Saucier Conseil (consulter à ce sujet l’article Les belles promesses, vol. 5, no 7).
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Les ordres et associations professionnels recueillent généralement de l’information sur les revenus de leurs membres. Par exemple, la Corporation de services des ingénieurs du Québec (SERVIQ, liée à l’Ordre des ingénieurs) publie tous les deux ans une enquête sur la rémunération. Elle y détaille les salaires des ingénieurs selon l’année de diplômation, la spécialité, le niveau de responsabilité et la région où ils travaillent, entre autres.
Enfin, les administrations publiques divulguent dans Internet l’information pertinente sur la classification des emplois, les conventions collectives et les avantages sociaux. Plusieurs textes de conventions collectives du secteur public québécois sont aussi vendus aux Publications du Québec.
Pour Richard Saucier, la taille de l’entreprise demeure «le» critère le plus important. «Un grand employeur, en général, paie mieux qu’un petit employeur», affirme-t-il.
En 2003, selon l’enquête Emploi, gains et durée du travail de Statistique Canada (publiée en avril 2004), il y avait une différence de plus de 250 $ entre le salaire hebdomadaire moyen d’une PME manufacturière (moins de 50 employés) et celui d’une grande entreprise du même secteur (plus de 300 employés). Pour la plupart des autres secteurs d’activité, les variations moyennes entre les boîtes de moins de 50 salariés et celles de 300 employés et plus sont tout autant significatives : quelque 135 $ par semaine dans le commerce de gros, 187 dans le secteur culturel, plus de 195 dans la foresterie, environ 295 dans les services publics, presque 335 dans l’extraction minière et pétrolière.
De plus, des entreprises en situation de monopole ou héritières d’une ancienne suprématie industrielle, comme Bell Canada, Vidéotron ou Hydro-Québec, jouissent de ce que les économistes appellent une «rente économique». Elles sont assurées de revenus substantiels grâce à une clientèle presque ou carrément captive. Les syndicats de ces organisations ont pu négocier des salaires plus élevés que la moyenne pour leurs membres.
À l’opposé, certains secteurs sont d’éternels crève-la-faim. «Les petits commerces, l’alimentation et le textile ont de faibles marges bénéficiaires à cause de la concurrence. Les entreprises ne peuvent payer des salaires à 20 $ l’heure, note Richard Saucier, sans quoi elles s’exposent à la banqueroute.»
Quant à l’effet de la syndicalisation sur les salaires, il se révèle, dans la plupart des cas, marginal. Au Québec, en 2003, le salaire horaire moyen des syndiqués était de 20,01 $ contre 15,67 $ pour les non-syndiqués, selon Statistique Canada. Cependant, en tenant compte des différentes caractéristiques des travailleurs et des entreprises, comme le secteur d’activité, la profession, la durée d’occupation de l’emploi et la région, l’avantage syndical n’est plus que de 5 %. Et si les salariés syndiqués sont deux fois plus susceptibles de profiter d’avantages sociaux, une bonne part de ces écarts s’explique par la taille de l’entreprise, indique Statistique Canada. Dans les entreprises de plus de 100 employés, 80 % des syndiqués bénéficient d’un régime de retraite, contre 70 % pour les non-syndiqués.
Le salaire varie aussi, pour un même emploi, selon les régions. Selon le site Salary.com, un commis comptable de plus de 10 ans d’expérience qui a atteint le sommet de son échelle salariale peut espérer gagner en moyenne 42 617 $ à Montréal. À Québec, il encaissera 39 600 $, et 39 012 $ à Trois-Rivières. À Vancouver, le salaire moyen se situe plutôt à 44 080 $.