
Lise Lauzon, CRHA, directrice du service carrière au Réseau des ingénieurs du Québec, est tout aussi optimiste. «On observe une rareté d’ingénieurs dans toutes les spécialités, ce qui est une condition favorable aux augmentations de salaire.» Le Réseau ne fait pas de prévisions en ce qui a trait à la rémunération, mais surveille l’évolution du taux de chômage des ingénieurs. «En génie civil, notamment, on sent une ébullition, constate Mme Lauzon. C’est presque le plein emploi, avec un taux de chômage d’à peine 2 %.» Le salaire annuel moyen d’un ingénieur civil est de 87 000 $, selon les indications de Denis Morin, professeur à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM et spécialiste de la rémunération. Ce qui n’inclut pas les commissions et les primes, assez fréquentes dans le milieu.
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«Il y a déjà beaucoup plus d’offres d’emplois dans ce secteur qu’auparavant, remarque François Trottier, CRHA et conseiller principal au Groupe-conseil Aon. Cela pourrait provoquer une hausse des salaires. Quand il y a pénurie de main-d’œuvre, les gestionnaires se tournent vers les conseillers en ressources humaines pour trouver des façons d’attirer les travailleurs et de les garder.» Les dirigeants souhaitent aussi limiter les coûteux ravages des problèmes de santé mentale au travail; les conseillers peuvent les soutenir dans cette démarche, ajoute Denis Morin. Autrement dit, ça devient payant de travailler… à trouver des travailleurs.
Les scandales financiers des dernières années ont contribué au regain de popularité des comptables agréés. «On a davantage besoin de leurs services. L’introduction en 2002 de la loi américaine Sorbanes-Oxley a resserré les critères de vérification comptable dans les entreprises canadiennes cotées en Bourse», explique Mélanie Presseault, conseillère en rémunération et gestion du rendement chez Towers Perrin. Les plus jeunes, récemment formés, connaissent très bien ces lois, et sont donc recherchés. Moins d’étudiants sont aussi inscrits dans les universités, d’où la mégacampagne publicitaire lancée par l’OCAQ. Il faut dire que la paie a de quoi faire pâlir d’envie les finissants en socio! En entreprise, les CA gagnent en moyenne 145 936 $ par année, tandis que dans la fonction publique, ils empochent 119 127 $, selon l’Ordre. Un associé d’un cabinet d’experts-comptables récolte pour sa part 214 218 $. Plutôt sexy, les colonnes de chiffres!