Stratégies gagnantes
Maternité et carrière

Un casse-tête à 20, 30 et 40 ans

L’arrivée d’un bébé dans la vie d’une femme en pleine ascension professionnelle, c’est comme un tsunami qui déferle. À l’eau le plan de carrière! Du moins pour quelques années. Que l’on ait 20, 30 ou 40 ans, le moment ne semble jamais idéal. Il faut revoir ses priorités et rediriger ses énergies. Trois femmes témoignent, une spécialiste commente.

Par Marie-Josée Richard




Trois bedaines dans la vingtaine

Martine (nom fictif), 36 ans, a eu ses enfants à 24, 27 et 29 ans. Ils ont à présent 7, 9 et 12 ans.
Situation conjugale : mariée


Martine voulait des enfants depuis le début de la vingtaine. Elle a tout de même attendu jusqu’à l’âge de 24 ans, le temps qu’elle et son conjoint obtiennent leur titre de comptable puis trouvent un poste stable.

Ambitieuse, Martine se voit bien gravir tous les échelons du grand cabinet comptable où elle travaille. Mais pour cela, il faut y mettre les efforts, c’est-à-dire faire des heures soirs et week-ends. Rien qui cadre avec son nouveau rôle de mère. Elle décide alors de laisser son poste devenu trop exigeant, quitte à occuper des emplois moins prestigieux dans des PME.

Calmer la professionnelle en soi

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La jeune comptable aura réussi à réprimer ses idéaux professionnels jusqu’après la naissance de son deuxième enfant. Puis, voici qu’un nouveau défi se présente au couple qui habite alors Québec. Une multinationale montréalaise veut les embaucher tous les deux et est même prête à payer leur déménagement. La famille ne fait ni une ni deux et s’installe dans la métropole.

Tout se déroule bien jusqu’à ce que Martine commence à se sentir épuisée, alors enceinte de six mois de son troisième. «À 17 h, il était hors de question que je parte me reposer tandis que les autres travaillaient jusqu’à 20 h ou 21 h. Alors le midi, j’allais me coucher dans mon auto pour arriver à faire toute ma journée.» Martine croit que ce surmenage a entraîné la naissance prématurée d’un mois de son dernier enfant. «Aujourd’hui, je leur dirais : "Arrangez-vous!"», lance-t-elle. De retour au boulot après son congé de maternité, Martine a d’ailleurs trouvé très pénible de reprendre le rythme.

Vive la fonction publique!

La solution de Martine? Travailler dans un environnement moins exigeant et se rapprocher de ses parents, qui habitent près de Sherbrooke. Qui de mieux, en effet, que des grands-parents pour aider à préparer les repas, à faire les devoirs, donner les bains et offrir au couple des moments seul à seul? Et depuis maintenant cinq ans, Martine travaille comme fonctionnaire. C’est peut-être moins prestigieux que de travailler pour un grand cabinet, mais elle y trouve son compte : emploi stable, horaire flexible, beaux défis professionnels et qualité de vie en prime!

La vie devant soi

Selon Julie Carignan, psychologue industrielle-organisationnelle, les femmes qui décident d’avoir des enfants dans la vingtaine sont avantagées. Elles ont beaucoup d’énergie et disposent d’une grande capacité d’adaptation. Leur mode de vie n’est pas coulé dans le béton, car elles n’ont pas encore d’emploi stable. Le prix à payer, par contre, est souvent l’anxiété due à la précarité financière. Cependant, quand cet aspect est réglé, comme dans le cas de Martine, la vingtaine est un bon moment pour avoir des enfants, car c’est autour d’eux que seront faits les choix de la famille par la suite.

Pour lire d'autres articles en rapport avec la famille, visitez Espace Parents, sur Canoë.


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Résultats



Québec

37,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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