Altruiste, le bénévolat? Bien sûr. Mais nombre de bénévoles se tracent, consciemment ou non, un chemin vers leur emploi de demain.

«J’ai commencé à faire du bénévolat à l’âge de 11 ans, pour le Festival en chanson de Petite-Vallée», dit Mélanie Clavet, native de ce désormais célèbre village de la Gaspésie. Treize ans plus tard, Mélanie est aujourd’hui adjointe aux communications du festival.
Aucun doute : elle doit son emploi à son long engagement bénévole, qui lui a permis de travailler tant à la billetterie qu’à l’accueil des artistes. «Il faut que tu fasses ton bénévolat avec le même sérieux que tu ferais ton travail», conseille-t-elle. Et avec l’objectif d’apprendre toujours plus.
Selon Gabrielle Richard, agente des relations communautaires au Centre d’action bénévole de Montréal (CABM), un des principaux bienfaits du bénévolat pour les travailleurs est l’apprentissage de compétences en matière de gestion, d’organisation et de communication.
| Pub. |
Joanna Desseaux, qui s’est longtemps engagée dans des comités installés sur le campus de l’Université de Montréal et aujourd’hui employée d’Equita, une filiale d’Oxfam-Québec, confirme avoir acquis ces compétences. «Ces implications bénévoles m’ont été beaucoup plus utiles que n’importe quel cours théorique. Qu’il s’occupe de politique ou d’environnement, un comité étudiant est toute une organisation. Il faut chercher des subventions, travailler en équipe, comprendre comment fonctionne la machine universitaire... Par exemple, nous avons voulu que les cafés étudiants proposent des produits équitables : il a fallu trouver à qui s’adresser précisément.»
Carl-Frédéric De Celles, pdg d’iXmédia, une entreprise de solutions interactives située à Québec, a lui-même été longtemps bénévole. À titre de recruteur, il s’intéresse maintenant aux gestes bénévoles des candidats à l’embauche. Le plus important, selon lui, est de mettre ces actions en valeur. «Il ne faut pas se contenter de dire que vous avez travaillé pour tel organisme. Dites ce que vous y avez fait, pourquoi, et si vous êtes satisfait du résultat obtenu. Trop souvent, les gens indiquent un engagement bénévole dans leur CV, mais ne répondent rien d’intéressant lorsqu’ils sont questionnés en entrevue. Un bénévolat “payant” est celui où la motivation est claire et les résultats probants.» Au Collège Jean-de-Brébeuf, les implications bénévoles des professeurs potentiels sont un «plus» dans leur candidature parce que «cela va dans le sens de l’ouverture aux autres, comme notre institution», affirme Richard Guay, directeur des études pour le secteur collégial.
Un «plus» pour certains, un passage quasi nécessaire pour d’autres… «Des ex-détenus s’adressent à nous pour acquérir des expériences qui bonifieront leur CV», note Gabrielle Richard du ABM.
Johanne Ricard, conseillère d’orientation, suggère aux personnes immigrantes de faire du bénévolat pour s’intégrer et obtenir une première expérience de travail. Elle conseille aussi le bénévolat à tous pour valider un choix d’études, prendre de l’assurance ou mieux se connaître.