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Elle vérifie chaque demande de bénévoles, dont certaines se révèlent farfelues. «Par exemple, des restaurants veulent une serveuse bénévole, sous prétexte qu’ils vont la former…» Ce qui est illégal : pour utiliser des services bénévoles, une organisation doit être à but non lucratif et être certifiée auprès du gouvernement comme pouvant bénéficier de services bénévoles. «La frontière est particulièrement mince en milieu hospitalier, croit Gabrielle Richard. Il peut y avoir chevauchement des tâches entre volontaires et employés.»
Bien que faire du bénévolat ne garantisse pas un futur emploi, c’est sans doute une corde supplémentaire à ajouter à son arc pour travailler dans ce qui nous passionne. «Les gens s’impliquent naturellement dans des tâches ou des causes qu’ils aiment, ce qui leur ouvre ensuite des portes dans cette voie», dit Gabrielle Richard. Comme pour Mélanie Clavet au Festival en chanson de Petite-Vallée, qu’on entend sourire au téléphone tant son emploi semble la combler…
Marc Nisbet, 32 ans
Entreprise : Santropol roulant, un organisme à but non lucratif qui prépare et livre des repas à des personnes en perte d’autonomie
Fonction : directeur de la popote roulante
«J’ai connu le Santropol roulant grâce à la coordonnatrice des bénévoles de l’époque : je la trouvais cute. Elle m’a donné envie de participer!» C’était en 2001. Marc Nisbet étudiait alors l’anthropologie à l’Université Concordia. «On nous apportait les plats préparés à l’université; nous allions ensuite les distribuer à l’extérieur aux personnes dans le besoin.»
Aujourd’hui, il est finalement marié avec la belle coordonnatrice et employé de la popote roulante depuis trois ans. «J’ai d’abord signé un contrat de six mois, rémunéré, pour faire des confitures et des conserves. Puis j’ai été embauché comme coordonnateur intergénérationnel.» Il tient toujours ce rôle, mais depuis cette année, il endosse aussi celui de chef de l’équipe des salariés. «Au Santropol roulant, nous prenons des décisions de manière démocratique et nous avons une philosophie anti-burnout. C’est un travail formidable.»
Pour Marc, être bénévole est le meilleur moyen d’acquérir de la confiance en soi. «On est encouragé et on peut développer des aptitudes sans pression.» Désormais salarié, il ne cesse pas pour autant de s'engager. Dans son quartier de Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal, il participe à un projet de construction de condos abordables, pour lequel il côtoie des avocats et des employés de la Ville. «Ces rencontres m’apprennent énormément; c’est une chance pour faire évoluer ma carrière.»Joanna Desseaux, 22 ans
Entreprise : Equita, commercialisation de produits équitables
Fonction : directrice de comptes, milieu éducatif
Novembre 2005. Joanna Desseaux est étudiante en politique à l’Université de Montréal. Elle s’implique dans UniVertCité, un comité environnemental établi sur le campus, et dans l’équipe du SCRUTÉ (Surveillance pour la consommation responsable universitaire et pour des transactions éthiques), dont la mission est d’encourager les étudiants à consommer de façon responsable.
C’est le mois du documentaire à l’université, et Didier Lestringant, employé d’Equita, donne une conférence après l’une des projections. «J’ai acheté des produits Equita dans un café étudiant pour les revendre à la table du SCRUTÉ, devant la salle de cinéma. Quelques mois plus tard, elle obtient un stage chez Equita et postule finalement pour son emploi actuel. «J’ai beaucoup hésité, parce que je n’avais pas fini mes études. Mais je me suis dit “c’est exactement le travail dont je rêvais, et pour lequel je suis faite”.»
Son implication étudiante et ses stages non rémunérés lui ont permis d’obtenir son emploi – elle a aussi effectué un stage au Fair Trade Advocacy Office, un bureau qui fait du lobbying auprès de l’Union européenne et de l’OMC en faveur du commerce équitable. «Lors de mon entretien d’embauche, on m’a demandé pourquoi je pensais être compétente pour travailler chez Equita. J’ai répondu que ce que j’allais faire, je le faisais déjà à l’université, sans être payée, juste parce que j’aimais le faire!» Et ça a marché!
Catherine Perreault, 24 ans
Entreprise : CISM, la radio de l’Université de Montréal
Fonction : directrice culturelle et adjointe au directeur de la programmation
Lorsqu’on lui demande si son métier la passionne, Catherine Perreault n’hésite pas une seconde à répondre : «Absolument! J’ai hâte de rentrer le matin, ce qui est plutôt rare!» Elle a animé bénévolement deux émissions à la station de radio CISM pendant deux ans avant d’y obtenir le poste rémunéré de directrice culturelle, en août 2006.
Mais son amour pour la radio est né bien plus tôt, au Collège Montmorency, à Laval. «J’étudiais en communication et je me suis présentée pour devenir responsable de la promotion de la radio.» Catherine a livré une véritable campagne électorale… qu’elle a finalement gagnée alors que personne ne la connaissait à l’école. Elle en est devenue la directrice générale après avoir été responsable de sa promotion, et a participé à la révision complète de l’organisation de cette radio.
Pendant qu’elle étudiait à l’UQAM, elle a multiplié les expériences bénévoles en participant aux journaux étudiants et à la radio. Cependant, c’est surtout grâce à son implication au cégep qu’elle doit son poste actuel. «Mon patron, le directeur de CISM, m’a dit qu’il avait visité la radio du cégep après mon passage et qu’il se souvenait qu’elle avait de l’allure!» Tout ce qu’elle sait de la pratique radiophonique, elle l’a appris de son engagement bénévole : animation, mise en ondes, comptabilité… «Même si je n’ai pas été payée, je peux affirmer avoir vraiment trois ans d’expérience en radio!»