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Stratégies gagnantes
Quitter son emploi

Par ici la sortie

«Bye-bye boss»... plus facile à dire qu’à faire! Avant de signer une lettre de démission, quelques réflexions et précautions s’imposent. Guide pour partir en beauté.

par Jean-Sébastien Marsan
Illustrations : Vincent, colagene.com


Magazine Jobboom
Vol. 9 no. 3 Mars 2008


Soigneusement planifiée, une démission permet au travailleur de poursuivre dans la joie et le bonheur son cheminement de carrière. Un départ impromptu, en revanche, risque d’avoir des conséquences imprévisibles et très désagréables.

«Démissionner, c’est un peu comme annoncer un divorce à son conjoint ou sa conjointe», illustre Gilles Rouleau, président de SAG Ressources humaines, à Montréal. «Le plus difficile lors de la démission, c’est de laisser tomber un environnement de travail et humain : la relation avec les collègues, les habitudes de travail, les lieux, etc. Il y a un deuil à faire.»

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Les conséquences psychologiques d’une démission impulsive et mal planifiée peuvent se révéler perturbantes. «Il faut s’attendre à une très forte charge émotive avec des sentiments parfois contra-dictoires, des réminiscences et des souvenirs», précise François Leduc, psychologue du travail et des orga-nisations chez Leduc Godin et Associés. «On peut aussi vivre un sentiment d’inutilité», ajoute-t-il. Le chômage, ça use...

À la source du mal

Première étape dans la planification de votre départ : déterminer avec soin ce qui provoque de l’insatisfaction en emploi. Voici quelques cas de figure tirés de Au secours, je n’aime plus mon job! Comment être heureux au travail? (Christie Vanbremeersch et Jeremy Roffe-Vidal, Paris, Éditions d’Organisation, 2005).

• «Ce boulot n’est pas (plus) fait pour moi» : le salarié se sent coincé sur le plan professionnel, n’évolue plus, n’obtient ni promotion ni formation.

• Les tracas matériels sont devenus insupportables : embouteillages à n’en plus finir entre la maison et le travail, rémunération de crève-la-faim, maigres avantages sociaux, etc.

• L’entreprise est une catastrophe organisationnelle : le patron ne démontre jamais de reconnaissance envers ses employés, l’ambiance de travail est à vomir, l’organisation est paralysée par la bureaucratie ou, à l’opposé, mal structurée (les salariés doivent tout faire eux-mêmes, jusqu’à l’épuisement).

• Des conflits relationnels ont détruit le plaisir de travailler : patron tyrannique, collègues agressifs, guéguerres per-pétuelles, etc.

• Toutes ces réponses – aïe!

Bien évaluer la situation permet de démissionner de façon raisonnée et raisonnable, estime Gilles Rouleau. «Si le patron, en recevant une lettre de démission, propose au démissionnaire 10 000 $ de plus pour qu’il reste, le salarié sera en mesure de répondre : “Je démissionne parce que vous n’avez pas su reconnaître ce que j’étais, et je trouverai cette reconnaissance ailleurs.” Peut-être que le patron sera déçu, mais une fois sa déception passée, il pourra reconnaître que son employé a grandi et qu’il a raté, lui le patron, une belle occasion.»

Robert, professionnel de la vente dans l’industrie alimentaire, a bien réfléchi lorsqu’il a quitté son ancien emploi, il y a trois ans. «Le processus de démission a été très lent, raconte-t-il. Après un an en poste, je m’ennuyais déjà, j’ai donc contacté un chasseur de têtes. Au bout d’une autre année, il m’a appelé parce qu’il cherchait quelqu’un qui avait mon profil. Il ne m’en fallait pas plus pour démissionner.»

Aujourd’hui, il songe à nouveau à quitter son poste (toujours dans l’industrie alimentaire), pour les mêmes raisons. Après trois années dans l’entreprise, il affirme avoir fait le tour du jardin. Il compte rompre à l’amiable, sans esclandre ni psychodrame.

Comment annoncer un départ?

Irène Cloutier, associée de recherche au Centre risque et performance de l’École Polytechnique de Montréal, a déjà regretté d’avoir bâclé un départ. En 2001, elle était adjointe aux relations de presse dans un musée montréalais (qu’elle ne veut pas nommer).

Un travail qui lui plaisait, d’autant plus qu’elle entreprenait des études universitaires à temps partiel en muséologie.

Une année après son embauche, une restructuration a soudainement doublé sa charge de travail : elle était désormais adjointe et chargée de projets, sans ressources supplémentaires. De plus, un nouveau patron lui déplaisait souve-rainement. «Un lundi, je suis arrivée au bureau avec ma lettre de démission, raconte-t-elle. C’était un coup de tête.»

Quelques jours plus tard, Irène Cloutier a appris qu’un poste était disponible au département des expositions du même musée, poste qui correspondait mieux à ses études. Elle a postulé.

«Au début, le chef des expositions semblait favorable à ma candidature, mais j’ai appris, un ou deux jours après, qu’il avait parlé aux Ressources humaines. Il s’est alors montré beaucoup plus froid avec moi. J’ai compris que parce que j’avais démissionné sur un coup de tête, il n’allait pas m’engager.»


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