
«Un patron n’appréciera jamais de trouver sur son bureau, un vendredi à 17 h, la lettre de démission d’un employé qui a peur d’en discuter», déclare Suzanne Bédard, directrice, ressources humaines et gestion des talents au siège social de Bombardier. «Idéalement, il faut que l’employé prenne rendez-vous avec son patron pour discuter avant de remettre sa démission.» Dans une entreprise structurée, on peut aussi solliciter un rendez-vous avec les Ressources humaines. «On pourra es-sayer d’améliorer la situation de l’employé dans l’entreprise, par exemple en de-mandant une mutation à un autre poste», poursuit-elle.
Dans l’éventualité où la discussion avec le patron ne convainque pas un employé de rester, que doit contenir sa lettre de démission?
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«Le strict minimum : un texte, daté et signé, qui indique que l’on quittera l’entreprise telle date, avec les raisons du départ en deux ou trois lignes, indique Suzanne Bédard. On voit souvent des employés annoncer leur démission verbalement et présenter leur lettre de démission une journée ou deux plus tard parce qu’ils ne savaient pas quoi écrire.» Ce qui trahit un manque de réflexion et de préparation.
Un employé syndiqué doit respecter les exigences de sa convention collective. Les non-syndiqués ne sont assujettis à aucune loi en particulier.
Dans tous les cas, l’article 2091 du Code civil prévoit que le préavis de départ «doit être raisonnable et tenir compte, notamment, de la nature de l’emploi, des circonstances particulières dans lesquelles il s’exerce et de la durée de la prestation de travail».
Ainsi, un préavis de départ sera équivalent, au minimum, à une période de paye : un journalier pourra annoncer son départ le jour même, un salarié payé tous les 15 jours donnera un préavis de deux semaines. La coutume veut que plus un poste est élevé dans la hiérarchie, plus le délai avant le départ sera long. «Un vice-président pourra donner trois mois de préavis et un commis d’épicerie, deux heures», précise Gilles Rouleau.
Toute démission force le travailleur à s’interroger sur son destin. Quels sont les emplois disponibles, où, quand, dans quel contexte? Et que deviendra-t-on dans six mois, un an, cinq ans? Démissionner, c’est se projeter dans l’avenir...
Faux pas
• Raconter à tous les collègues que l’on songe à démissionner... et retarder son départ. Les patrons détestent les rumeurs de démission.
• Menacer de démissionner pour obtenir une faveur dans son poste actuel (augmentation de salaire, promotion, etc.). «Le chantage, on ne peut pas l’utiliser souvent et ça laisse des séquelles», observe Gilles Rouleau, de SAG Ressources humaines. Par exemple, le patron prend l’employé au sérieux, accepte sa démission sur-le-champ; le bluffeur se retrouve à la rue, dépourvu.
• Régler ses comptes dans une lettre de démission (nommer les supé- rieurs et collègues que l’on déteste, critiquer le fonctionnement de l’entreprise, etc.). La lettre doit demeurer le plus neutre possible, dans le genre : «C’est avec regret que je vous annonce aujourd’hui ma démission», pour telle raison. «Je quitterai l’entreprise après un délai de...», etc.
• Quitter de manière désagréable, en coupant tous les ponts avec l’entreprise. Impossible par la suite d’obtenir une lettre de recommandation... et on ne sait jamais quand le hasard nous remettra en contact avec un ancien patron ou d’ex-collègues. Les bonnes relations professionnelles, ça se cultive!