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Aux circonstances atténuantes, il faut ajouter les énormes sommes injectées par Québec pour refaire les viaducs, systèmes d’égout, ponts, autoroutes et autres infrastructures vétustes. Des projets dont les budgets avaient été établis avant la récession, mais qui ont permis à des milliers de gens de garder leur emploi pendant la période creuse. «À partir du moment où on pose de l’asphalte neuf, la chaîne s’enclenche, explique André Grenier. Ceux qui posent l’asphalte gagnent un revenu qu’ils dépensent dans des commerces, ce qui stimule ensuite les exportations et les importations, puis les compagnies de transport. La bourse reprend des couleurs, les compagnies réembauchent des gens.»
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N’empêche, on ne prévoit pas d’eldorado de l’emploi dans les prochains mois. «L’économie reprend sans feu d’artifice», dit Pierre Beaulne, économiste à la Centrale des syndicats du Québec. Aucun secteur économique ne connaît de boum en ce moment, et plusieurs sont encore en convalescence, remarque-t-il. Les entreprises exportatrices, entre autres, souffrent de la force du dollar canadien.
De plus, les consommateurs ont renoué avec les vertus de l’épargne pendant la crise, soutient Joëlle Noreau, ce qui tempère les ardeurs de la reprise. Une hausse éventuelle du prix du pétrole pourrait aussi freiner les dépenses des consommateurs, puisqu’ils devraient alors consacrer une plus grande part de leur revenu à l’essence de leur voiture.
«Il faudra attendre avant de crier victoire et de mettre ses lunettes roses.»
LES PERDANTS ET LES GAGNANTS
• Le commerce de détail et de gros
«Les industries de services devraient continuer de progresser
dans tout le Québec, notamment le commerce de détail et de gros.»
— Pierre Beaulne, économiste à la Centrale des syndicats du Québec
• Le transport
• L’enseignement et les services de santé
• Les services administratifs, les services aux entreprises, la finance,
l’assurance
«La croissance de l’emploi se fera surtout dans l’industrie des services
– commerce, transport, services financiers, services professionnels,
notamment.»
— André Grenier, coordonnateur de l’équipe d’analyse du marché du travail à Emploi-Québec
• L’hôtellerie et la restauration
• L’agriculture
• La construction
«La construction redémarre, après avoir ralenti sa cadence pendant la
récession. La construction des projets porteurs d’avenir comme les mines,
les éoliennes, les barrages hydroélectriques pourrait faire contrepoids dans
les régions-ressources touchées par la crise forestière.»
— Joëlle Noreau, économiste principale à la vice-présidence
Études économiques à la Fédération des caisses Desjardins du Québec
• Le secteur minier
«Les régions minières du Québec sont favorisées en ce moment étant donné
la demande élevée pour nos métaux, surtout de la part des pays du BRIC [Brésil, Russie, Inde, Chine].»
— Yvon Fauvel, professeur au Département des sciences économiques
de l’UQAM
• Le textile
• Le secteur forestier
«L’industrie du bois d’œuvre, c’est pas mal fini…»
— Maurice Marchon, professeur à l’Institut d’économie appliquée
à HEC Montréal
• Le secteur manufacturier