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Travailler aux JO, une épreuve olympique

Depuis quelques semaines, l’économie de la Colombie-Britannique semble sous stéroïdes : grâce à la tenue des Jeux olympiques et paralympiques, plusieurs milliers d’emplois ont été créés. Mais vu le nombre de candidats en lice, arriver à travailler pour les Jeux est presque aussi exigeant que d’atteindre le podium.

par Matthieu Burgard




Si les villes du monde se disputent les Jeux olympiques, c’est bien que l’accueil d’un tel événement génère des richesses. Ceux de Vancouver devraient injecter au moins 4 milliards de dollars dans l’économie locale, ce qui représente la création de 344 000 postes entre 2003 et 2015, dont 77 000 prévus en 2010.

Décidée à profiter de la manne, Axelle Voignier, une jeune serveuse montréalaise de 26 ans, est arrivée en Colombie-Britannique quelques mois à l’avance. «J’avais peur de ne pas trouver de logement à prix abordable», confie-t-elle. Elle a donc dû se chercher un autre job en attendant que la flamme s’allume, d’autant plus que la majorité des emplois olympiques démarreront seulement quelques jours avant la tenue des Jeux.

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Mais pour elle comme pour la majorité des demandeurs d’emploi, ça n’a pas été chose facile. Car si on fait abstraction des Jeux, la Colombie-Britannique est toujours en récession. Selon BCStats, la province a perdu 68 000 emplois entre août 2008 et juin 2009. En juin dernier, le taux de chômage atteignait 8,1 %, comparativement à 4,5 % un an plus tôt. «Les emplois offerts avant les Jeux provenaient essentiellement des chantiers. Nous avons connu plusieurs mois de creux à partir de juin, car les travaux étaient achevés et les Jeux n’avaient pas encore commencé», analyse Roselyne Kunin, économiste affiliée à la Chambre de commerce de Colombie-Britannique.

Il a fallu attendre le mois de novembre pour que les commerçants et l’industrie touristique étoffent leurs équipes pour le temps des fêtes et prolongent les contrats jusqu’aux Jeux. Malgré cela, le taux de chômage affichait 8,3 % en novembre, en raison d’un nombre croissant de chercheurs d’emploi. «J’ai connu quelques jours de stress et de détresse», reconnaît Axelle Voignier, qui a finalement trouvé du travail dans la restauration à Vancouver. En parallèle, elle menait son deuxième combat : obtenir un poste sur l’un des sites olympiques.

Salarié ou bénévole?

Le must pour un travailleur des JO est certainement d’être engagé par le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2010 à Vancouver (COVAN). Principal recruteur, cet organisme compte mobiliser 55 000 personnes pour la période des Jeux. Mais dans les faits, il n’y aura que 1 400 salariés permanents, 3 500 temporaires et 10 000 prestataires de services comme des blanchisseurs, des traiteurs, etc. Le reste des effectifs se composera de 25 000 bénévoles et de 15 000 participants aux cérémonies, volontaires eux aussi. «Pour économiser, le COVAN a engagé des bénévoles à tous les niveaux, même des médecins. Il a aussi fait appel au prêt d’employés, dont 250 personnes du gouvernement provincial», explique Roselyne Kunin.

Ceux qui ont réussi à obtenir l’un des emplois salariés ont parfois dû faire preuve d’autant d’endurance et de détermination que les athlètes. C’est le cas d’Antoine Rouzé, coordonnateur des artistes bénévoles pour les cérémonies d’ouverture et de clôture. Pour parvenir à son but, il a commencé ses démarches un an à l’avance, en 2008. «J’ai postulé pour pratiquement tous les jobs où j’avais les compétences requises. Ce qui a été déterminant hormis mes compétences, c’est ma passion pour les JO», estime-t-il.

Mais cette attitude gagnante n’a pas toujours suffi. «Le COVAN a reçu plusieurs dizaines de milliers de candidatures et il y a eu beaucoup d’appelés pour peu d’élus», commente Julien Capraro du Collège Éducacentre, qui a épaulé le recrutement francophone. Eric Formeault est passé par cet établissement. Arrivé de France en juin, ce jeune homme a fini par renoncer à travailler pour les Jeux alors qu’il avait pourtant de bons services à offrir. Chez lui, il était fonctionnaire territorial aux services des sports. «Il fallait bien que je travaille pour vivre. Alors j’ai pris un emploi dans un service de restauration rapide.»

Louise Pralou, une Québécoise de 41 ans, a carrément décidé de plier bagage. «C’est beaucoup trop gros, il y a tellement de candidats que finalement les chances d’avoir un job sont maigres», constate-t-elle avec tristesse. D’ordinaire, Louise Pralou occupe un poste saisonnier de préposée à l’accueil dans un camping de Parcs Canada en Alberta. Parfaitement bilingue, elle espérait mettre de l’avant son expérience dans le service à la clientèle.


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Résultats



Québec

64,6 %


Situation de l’emploi :
Passable

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