Stratégies gagnantes

Travailler aux JO, une épreuve olympique (suite)



À vos marques, prêts, postulez!

Pourtant, du côté des prestataires de services sur les sites olympiques, les postes affichés ne manquaient pas en 2009 : conducteurs de bus, femmes de ménage, maquilleuses, vendeurs, gestionnaires de centres d’appels, mécaniciens… La plupart des employeurs ont même recruté davantage que nécessaire pour parer aux désistements. «Je ne suis pas sûr que l’attrait olympique soit suffisant pour garder les gens à qui l’on propose un poste permanent ailleurs», commente Julien Capraro. À Contemporary Security Canada, le directeur des ressources humaines, Derek Gagné, explique les mesures prises : «Nous avons un très bon programme de communication pour ne pas perdre d’employés entre le moment de leur recrutement et la tenue des Jeux : la formation, des infolettres, un centre d’appels…»

Mais, même si la majorité des recrues ne commenceront à travailler qu’en février 2010, elles ont dû postuler suffisamment à l’avance pour être choisies. «Les prestataires ont mené un recrutement intense entre juin et août, car il leur fallait obtenir une accréditation du COVAN pour les employés, remarque Julien Capraro. Ensuite, les postes qui restaient étaient surtout des emplois très spécialisés qui ne convenaient pas à la plupart des candidats.» Ayant amorcé ses recherches sur place en octobre, Louise Pralou a pu le constater. «Les quelques emplois disponibles requéraient des diplômes universitaires, et je n’ai pas ce profil-là.»

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Un tremplin pour la ville

Pour les candidats déçus, travailler dans les boutiques, les hôtels et les restaurants de la ville sera finalement un bon moyen de profiter de l’effervescence qui agitera Vancouver. On y attend quelque 250 000 à 350 000 visiteurs. Chaque commerçant espère que ses ventes décupleront comme ce fut le cas à Salt Lake City en 2002. Les restaurants avaient alors vu augmenter leur chiffre d’affaires de 57 % et les boutiques de vêtements, jusqu’à 77 %.

Certains gérants craignent toutefois que les habitants de Vancouver restent chez eux. L’accès à de nombreux commerces sera en effet rendu difficile par les multiples barrières de sécurité, et le centre-ville risque d’être fortement congestionné. «Les JO génèrent de l’activité mais en suppriment aussi par ailleurs», analyse Roselyne Kunin.

Quoi qu’il en soit, toutes les caméras du monde seront braquées sur Vancouver du 12 au 28 février. Pour Roselyne Kunin, «c’est une immense opération de marketing pour la province. On espère que beaucoup de gens fassent le déplacement, apprécient notre coin de pays et se disent que c’est un bon endroit pour s’installer et monter une entreprise.» Selon le gouvernement provincial, les impacts indirects devraient se chiffrer à 10 milliards de dollars jusqu’en 2015 grâce aux infrastructures construites pour les Jeux : le centre des congrès, l’autoroute vers Whistler et la nouvelle ligne de métro vers l’aéroport. La véritable reprise de l’emploi pourrait donc venir après la grande fête.


Et pendant ce temps-là, les loyers augmentent

L’autre grand défi pour les candidats à l’emploi aux Olympiques : trouver un toit. Vancouver est la ville la plus chère du Canada et connaît une pénurie chronique de logements. Les loyers ont augmenté de 3 à 5 % en 2009 par rapport à 2008, selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement. D’après cet organisme, la location d’un 3 ½ coûtait en moyenne 935 $ par mois en avril dernier.

Et durant les Jeux, les prix s’enflamment. «En moyenne, un propriétaire peut espérer louer un 3 ½ entre 500 et 2 500 $ la semaine dans un secteur résidentiel; 3 000 $ et plus au centre-ville», observe Tsur Somerville, directeur du Centre d’économie urbaine et du marché immobilier de l’Université de la Colombie-Britannique.

Des sommes que les petits employés des Jeux ne peuvent pas se permettre. Certains d’entre eux sont arrivés plusieurs mois à l’avance pour s’assurer d’avoir un endroit où rester. D’autres partagent leur chambre à quatre, cinq ou six.


guide de survie

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Résultats



Québec

38,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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