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Pour savoir à qui on a affaire, on peut aussi examiner le site Web ou toute autre publication d’une organisation (brochures, rapports annuels, entrevues dans les médias, publicités). «Il faut savoir lire entre les lignes», prévient toutefois Marie Pinsonneault. Par exemple, le site comprend-il une section sur les engagements communautaires ou est-il consacré entièrement à la «performance» et à la «rentabilité»? Ça en dit long sur la vision de l’entreprise.
Si René Villemure est d’accord avec cette approche, il prodigue une mise en garde au sujet de ce que les entreprises présentent comme leurs valeurs. Certaines, la «productivité» par exemple, n’en sont tout simplement pas. «Une valeur doit avoir un sens moral, dit-il, comme le respect ou l’équité.» Elle doit servir à guider les actions de tous dans l’entreprise, du patron aux subalternes.
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«Souvent, les valeurs intéressent seulement le service de ressources humaines ou de marketing, ajoute-t-il. Il faut s’assurer qu’elles sont appliquées dans l’ensemble de l’entreprise.» Cela se fait principalement en entrevue, en demandant comment les valeurs affichées sont mises en pratique au quotidien, ou en analysant les actions passées de l’entreprise.
Une fois l’entreprise choisie, il existe d’autres moyens d’en avoir le cœur net à son propos, afin d’être en position de force lors de l’entrevue d’embauche. «Les gens responsables des programmes de formation dans les écoles connaissent généralement très bien leur industrie, dit Martine Lemonde. Ils pourront vous en dire plus sur l’entreprise que vous ciblez.»
De plus, diverses organisations professionnelles (jeunes chambres de commerce, associations d’industries, événements de réseautage, etc.) sont de bonnes sources d’information.
Thierry Chardon, chef du service des communications numériques chez Loto-Québec, a poussé l’effort un cran plus loin avant de solliciter la société d’État. «J’ai analysé leurs cinq derniers rapports annuels, raconte-t-il. Ça m’a donné une excellente idée de leurs objectifs, ainsi que de leurs forces et faiblesses.» Il a ainsi pu savoir ce qui l’attendait s’il obtenait l’emploi et se préparer adéquatement pour la rencontre avec l’employeur.
Ce n’est pas dans la nature de tous de négocier, encore moins avec un futur patron. Pourtant, croit Martine Lemonde, il est souvent possible d’obtenir soit un salaire supérieur, soit des conditions plus avantageuses – dont plus de vacances, la possibilité de faire du télétravail ou encore de suivre une formation continue. De quoi faire la différence entre un emploi agréable et une corvée ennuyante.
Pour négocier sa rémunération, il faut d’abord connaître la moyenne des salaires dans l’industrie visée. À ce sujet, le site imt.emploiquebec.net est une bonne référence. Il suffit de cliquer sur «Explorez un métier ou une profession», de taper un mot-clé, puis de consulter la section «Salaires et statistiques», en haut à gauche. On peut aussi consulter l’Enquête sur la rémunération globale, publiée chaque année par l’Institut de la statistique du Québec et qui compile les salaires offerts dans les organisations de 200 employés et plus.
Une fois qu’on est fixé, il n’est pas nécessaire d’être intransigeant. «Il faut simplement savoir jusqu’où on est prêt à aller, ajoute Martine Lemonde. Et on peut très bien faire ses propositions tout en se disant prêt à négocier.»
L’important est de choisir soi-même les conditions dans lesquelles on travaillera. Et, dans le contexte de pénurie de main-d’œuvre qui se dessine à l’horizon, on serait fou de se laisser imposer autre chose!