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Pas facile de choisir un métier! Entre le rêve et la réalité de l’emploi convoité, il y a parfois un monde. Le parcours vers une carrière correspondant à nos aspirations est souvent semé d’embûches. Quatre travailleurs qui ont rencontré des obstacles racontent comment ils ont finalement trouvé leur voie.

Ketty Di Cintio n’allait pas encore à l’école qu’elle rêvait déjà de devenir prof. Passionnée des mots, elle voulait enseigner le français. Après le secondaire, elle a donc obtenu un diplôme d’études collégiales (DEC) en arts et lettres, avant de s’inscrire au baccalauréat en littérature française à l’Université de Montréal. Déception. «Il y avait beaucoup de poésie et je détestais cela.» Rebutée par le programme, elle a abandonné au bout de quelques mois.
Elle attribue ce faux pas à une erreur d’aiguillage. «J’hésitais entre l’enseignement du français et le journalisme, dit-elle. La conseillère d’orientation rencontrée à l’époque m’a dirigée vers une majeure en littératures de langue française à l’Université de Montréal, car selon elle ce programme permettait de garder les deux options ouvertes. Elle pensait que cela me donnerait le temps de réfléchir à mon choix de carrière tout en étudiant dans mon champ d’intérêt, le français.» A posteriori, Ketty constate qu’elle a peut-être été mal conseillée. Cette expérience lui a plutôt laissé croire qu’elle n’était pas faite pour enseigner le français. Elle a donc changé de direction en s’inscrivant au DEC en techniques de design d’intérieur, par intérêt personnel. Une fois diplômée, son entrée sur le marché du travail lui réservait d’autres déceptions. «J’avais choisi cette profession pour gagner rapidement ma vie, mais j’ai vite constaté que le salaire était inférieur à mes espoirs», confie-t-elle.
Déterminée à trouver une profession qui lui convienne vraiment, Ketty est finalement retournée à l’université à 25 ans, à l’UQAM, au baccalauréat en enseignement du français langue seconde. «J’avais eu le temps de réfléchir à ce que je voulais : un métier qui me permette de donner et de recevoir.» Au terme de sa formation, elle est devenue enseignante de français pour les petits immigrants qui arrivent au Québec. Aider les enfants dans leur apprentissage du français et découvrir du même coup diverses cultures lui plaît bien.
L’importance d’aller au-delà de sa première pulsion dans son choix de carrière.
Ketty Di Cintio reconnaît cependant qu’enseigner dans des classes d’accueil signifie souvent devoir faire beaucoup avec peu. «On n’a pas beaucoup de moyens et on doit être très créatif», dit-elle. Son DEC en design d’intérieur lui est finalement utile… pour fabriquer du matériel pédagogique!
Après dix ans d’expérience en enseignement, elle se dit satisfaite de son choix professionnel. «Les enfants m’en m’apprennent tous les jours, dit-elle. Je garde les lettres de remerciement des parents. Parfois, un de mes élèves entre au programme régulier. Pour moi, tout cela vaut de l’or!»
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Quand est venu le temps de choisir un métier, Benoît Carbonneau, lui, n’a pris aucun détour. Celui qui a toujours été allumé par les beaux chars a simplement suivi sa passion. Il a étudié en vue d’obtenir un diplôme d’études professionnelles (DEP) en carrosserie. Son diplôme en poche, il a facilement trouvé un emploi dans un atelier de carrosserie, puis chez des concessionnaires automobiles. Jusqu’à ce que l’envie lui prenne d’aller voir ailleurs…
«Au bout de huit ans à repeindre des autos, j’avais envie de quelque chose de plus gros. J’entendais parler des perspectives en aéronautique. Je me suis renseigné sur les conditions de travail. C’était pas mal plus intéressant», déclare-t-il. Sa formation en carrosserie et son expérience lui ont permis de poser sa candidature à des postes dans ce secteur. Après un premier emploi chez Bombardier comme peintre pour les avions fabriqués à l’usine de Montréal, il a été embauché par Air Canada, à Mirabel. Il y travaille depuis cinq ans en tant que peintre aéronautique au service de l’entretien des appareils de types Boeing, Airbus et Embraer.
Son nouvel univers de travail lui a demandé une bonne dose d’adaptation. «Je travaille en hauteur sur des chariots élévateurs. J’apprends à marcher sur les ailes des avions. L’aspect sécurité est très important. Mais je suis bien encadré et les salaires sont plus importants.» Benoît est fier de s’être ouvert à un nouveau milieu de travail au lieu d’avoir attendu que la routine et la frustration s’installent pour changer de domaine d’activité.